1939-1945:

La guerre d'Hitler
 

La crise polonaise:
 

En mars 1939, quelques mois après la conférence de Munich, Hitler revendique officiellement le couloir de Dantzig qui plaçait des populations d’origine allemande sous autorité polonaise, et surtout séparait l’Allemagne en deux territoires. Les Occidentaux prenant de plus en plus conscience de la menace nazie annoncent clairement qu’ils interviendront en cas d’attaque de la Pologne.
Afin d’éviter une guerre sur deux fronts, à l’Est avec l’Union Soviétique et à l’Ouest avec la conquête de la Pologne et de la France, Hitler signe un pacte de non-agression avec l’URSS, comportant des clauses secrètes qui prévoient le partage de la Pologne.

Le 1er septembre 1939, la Wehrmacht* envahit la Pologne, tandis que l'Armée rouge occupe l'Est du pays et la Finlande, conformément aux clauses secrètes du pacte germano-soviétique. La Pologne vaincue est partagée une nouvelle fois et sa population vassalisée. Faute d’obtenir le retrait des troupes allemandes, le Royaume-Uni et la France déclarent la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939, mais ne contre-attaquent pas. Face à la guerre offensive d’Hitler, ils opposent une stratégie défensive et passive : c’est la "drôle de guerre*", l’attente derrière la ligne Maginot*.
Une opération militaire "Route du fer" est cependant engagée en Norvège pour priver l’Allemagne du minerai de fer suédois. Hitler réplique, en avril 1941, par l’invasion du Danemark et de la Norvège. En trois semaines, l’Allemagne contrôle toute la Baltique.

L'extension de la guerre:

L’offensive de la Wehrmacht sur le Front Ouest est déclenchée le 10 mai 1940. Hitler envahit les Pays-Bas et la Belgique, ce qui attire les troupes alliées à leur secours, tandis que l’attaque principale est conduite à Sedan dans les Ardennes, là où s'arrête la ligne Maginot. C’est la débâcle militaire. Prises en étau dans la poche de Dunkerque, quelques troupes rembarquent dans des conditions dramatiques vers le Royaume-Uni.
Les armées françaises ne parviennent pas à établir une ligne de résistance sur la Somme. Le gouvernement se réfugie à Bordeaux. Les Allemands entrent à Paris le 14 juin. Le 17 juin, le gouvernement français demande l'armistice, qui est signé le 22, alors qu'il s'était engagé envers le Royaume-Uni à ne pas faire de paix séparée. Le Royaume-Uni se retrouve seul face à l'Allemagne.
Afin de préparer le débarquement sur les Iles Britanniques, Hitler inflige des bombardements incessants sur Londres et ses environs. Winston Churchill, Premier ministre et ministre de la défense du Royaume-Uni refuse toutes négociations avec l’ennemi. Les chasseurs de la Royal Air Force, aidés des premiers radars, tiennent tête et gagnent la bataille d’Angleterre. Londres devient alors la capitale du monde libre et un refuge pour le gouvernement français en exil.

La guerre s’étend, elle devient sous-marine avec la bataille de l’Atlantique et gagne l’Afrique. Les Italiens entrés en guerre en juin 1940 passent à l’offensive dans les zones d’influence britanniques (Soudan, Egypte, Kenya), mais sont rapidement repoussés au-delà de leur base de départ. Hitler réplique en envoyant le général Rommel en Afrique à la tête de l’afrikakorps*.

Le 21 juin 1941, Hitler lance la Wehrmacht à l'assaut de la Russie soviétique. Il espère l'abattre par une guerre éclair comme la France. Mais les Russes reculent sans désordre. L'hiver arrive alors que les Allemands sont devant Moscou et Leningrad, mais ils n'ont pas vaincu l'armée russe qui, elle est prète pour l'hiver.

Glossaire:

Wehrmacht :

 

Armée allemande.

Drôle de guerre :

 

Ce terme vient d’une traduction malencontreuse de l’expression d’un journaliste anglais qui qualifia cette guerre sans combat de "plaisanterie".

Ligne Maginot :

 

Système de fortifications construites à partir de 1930 à l’instigation du ministre de la guerre, André Maginot. Elle s’étend le long de la frontière de la France avec l'Allemagne (sauf le long du Rhin) pour protéger le pays d’une attaque allemande.

Afrikakorps :

 

Corps expéditionnaire allemand envoyé en Afrique à partir de février 1941.

La France de nouveau en guerre

A la veille de la guerre:
 

Le gouvernement que forme Daladier, chef du parti radical en avril 1938 marque la fin du Front Populaire. Sans qu’il y ait eu la moindre élection, la chambre des députés bascule : c’est désormais une majorité d’union nationale associant les radicaux et la droite modérée qui gouverne la France.
Secondé par son ministre des finances Paul Reynaud, farouche adversaire du Front Populaire, Daladier procède à une nouvelle dévaluation du franc et augmente les impôts. Bien décidé à "remettre la France au travail", il pratique une politique de décrets-lois qui efface les acquis du Front Populaire. C’en est fini des 40 heures : la durée légale du travail est de nouveau fixée à 48 heures. Les grèves de novembre 1938 ne changeront rien et seront au contraire violemment réprimées. La politique de réarmement s'intensifie.

Mais ce qui inquiète surtout les Français, c’est le danger extérieur. Face aux coups de force de Hitler, la France s’aligne avec le Royaume-Uni qui prône une politique d’apaisement vis-à-vis des dictatures fascistes. Les Français, traumatisés par le souvenir de la Grande Guerre adoptent dans leur grande majorité une attitude pacifiste. C’est pourquoi la ratification des accords de Munich par Daladier est perçue comme un soulagement. Lorsque la France déclare la guerre à l’Allemagne en septembre 1939, c’est contrainte et résignée. Elle adopte d’ailleurs une stratégie exclusivement défensive et travaille efficacement à combler son retard sur l'Allemagne en chars d'assaut et en avions. C’est la "drôle de guerre" : les troupes, mobilisées à l'abri de la ligne Maginot attendent.

La déroute de l'été 1940:
 

L’armée française, pas du tout préparée à la guerre éclair d’Hitler se laisse surprendre au Nord par l’offensive allemande. En avril 1940, les Pays-Bas et la Belgique sont attaqués. Le 10 mai, la Wehrmacht contre toute attente perce le front français à Sedan, passant par les Ardennes, où s'arrête la ligne Maginot. Profitant de l’effet de surprise, l’avancée des troupes allemandes est fulgurante.
Dés le 12 mai 1940, la déroute des armées s’accompagne d’un mouvement de panique des populations civiles qui fuient l’avancée des Allemands vers le Sud. Près de 8 millions de personnes prennent le chemin de l’exode dans une atmosphère de chaos.
Paris tombe le 12 juin, alors que le gouvernement s’est replié à Bordeaux.

Deux camps s’opposent : ceux qui sont partisans d'un armistice avec l'Allemagne comme le Maréchal Pétain et son entourage, et ceux qui veulent continuer la guerre comme le général de Gaulle et un certains nombre de parlementaires qui s'embarquent sur le Massilia, refusant l'armistice. Le 17 juin 1940, Pétain succède à Paul Reynaud, président du Conseil et demande aussitôt l'armistice. Le lendemain à Londres, de Gaulle lance un appel pour continuer le combat.

La mort de la IIIe République:
 

Le 22 juin 1940, l’armistice franco-allemand est signé à Rethondes. Le texte fixe des conditions très lourdes. L’indépendance de la France est reconnue et son empire colonial sauvegardé, mais le pays est coupé en deux par une ligne de démarcation : le Nord est occupé par les Allemands, le Sud, gouverné par Pétain. Les rapports entre la France et l’Allemagne demeureront flous, car l’armistice ne fut jamais suivi d’un traité de paix.

Le 1er juillet, les pouvoirs publics s’installent en zone "libre" à Vichy. Le 10 juillet, une Assemblée nationale, réunissant députés et sénateurs vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, seuls 80 des parlementaires présents s'y opposent. C’en est fini de la IIIe République. Les députés communistes ont été exclus de cette assemblée : considérés comme des traîtres à la suite du pacte germano-soviétique, ils ont été déchus de leur mandat en janvier 1940 et internés. Quant aux députés embarqués sur le paquebot Massilia en direction de l’Afrique du Nord, pris au piège, ils sont retenus au Maroc.
A 84 ans, Pétain, le très populaire héros de Verdun instaure un nouveau régime, appelé "Etat français" qui peut être assimilé à une dictature.

L'Europe sous la domination nazie
 

La mort de la IIIe République:
 

En 1942, Hitler contrôle la majeure partie de l’Europe continentale.
L’organisation de L’Europe nazie répond à une vision raciste du monde. En fonction de leur plus ou moins grande parenté à la soi-disant race "aryenne*", les populations européennes possèdent des statuts administratifs qui leur laissent une plus ou moins grande autonomie.

Ainsi les régions dites germaniques, comme la Pologne occidentale, la Slovénie ou l’Alsace et la Lorraine sont annexées et germanisées*. Les régions ou les pays plus ou moins germaniques comme la Norvège, les Pays Bas et le Danemark sont associés au Reich, parfois administrés à titre provisoire par les autorités allemandes comme la Belgique ou le Nord de la France. Les pays latins sont tolérés dans la "nouvelle Europe" quand ils collaborent. D'autres états (Hongrie, Roumanie, Bulgarie et même l’Italie de 43) deviennent des satellites du Reich allemand. Enfin, les pays slaves d’Europe de l’Est deviennent des territoires de colonisation. Ils font l’objet d'atrocités multiples, d’un pillage intensif et d’une exploitation sans pitié de la main d’œuvre, comme en Pologne.

Mais dans cette économie de guerre dévorante, tous les pays contrôlés par l’Allemagne, quel que soit leur statut participent à l’effort de guerre, les prélèvements sur les ressources locales se faisant de plus en plus pesant au fur et à mesure de l’avancée du conflit.

Répression et extermination:
 

L’idéologie nazie, obsédée par l’idée de pureté raciale trouve sa forme la plus achevée dans l’organisation de camps.
Dès 1933, les nazis avaient créé des camps de concentration. Leur nombre se multiplia à mesure que la répression s’organisait. Ces camps, destinés en premier lieu à recevoir des "politiques" accueillirent en nombre grandissant juifs, tziganes, homosexuels, témoins de Jéhovah… considérés comme des "sous-hommes", bientôt rejoints, pendant la guerre par des résistants de toute l’Europe. Dans ces camps de concentration, les prisonniers étaient conduits lentement à la mort par le travail et les mauvais traitements.
A partir de 1941, avec l’invasion de l’URSS, s’engage une lutte acharnée contre les "judéo-bolchéviques". De véritables massacres sont perpétrés par des "groupes d’intervention", sur les partisans communistes avant de s’étendre à tous les juifs. En quelques mois, 800 000 juifs sont éliminés.
Durant l’été de cette même année, les nazis décident d’étendre la politique d’extermination à tous les juifs d’Europe. Six camps d’extermination, véritables "usines à tuer" sont mis en place sur le territoire polonais. En janvier 1942, le génocide des juifs est froidement programmé, dans ce que les nazis vont appeler la "solution finale". Les cadres nazis mettent sur pied une organisation de type industriel qui va aboutir à l'extermination en moins de quatre ans d'un total de 6 millions d'êtres humains.

 

La collaboration:
 

Certains pays, convaincus de la victoire de l’Allemagne sur l’Europe voient dans leur intérêt de collaborer avec le IIIe Reich. Cette collaboration revêt des formes variées : économique, politique, policière ou militaire. Elle est envisagée comme un moyen d’atténuer les rigueurs de l’occupation, en s’assurant les bonnes grâces de l’occupant, mais parfois aussi dans l’objectif d’obtenir une bonne place dans le prochain « ordre nouveau européen ». Hitler favorise cette collaboration des Etats, afin d’épargner à l’Allemagne les charges d’une administration directe. Elle lui permet de s’appuyer sur des autorités légales, souvent soutenues par la majorité de la population locale.

Les discours de Hitler trouvent des échos directement auprès des mouvements fascistes locaux. Minoritaires dans leur pays, ces collaborationnistes anticommunistes et antisémites servent surtout de moyen de pression sur les populations et même sur les gouvernements.
La collaboration est parfois également, le fait d’initiatives individuelles, on parlera alors plus de collaborateurs. Elle se traduit par la dénonciation de juifs, de francs-maçons, de communistes ou de résistants... ou par la coopération économique et financière d’industriels.

La résistance:
 

L’occupation allemande suscite des mouvements de résistance. Quelques hommes et femmes, animés par le patriotisme et des idées antifascistes entrent dans la lutte clandestine et armée. La radicalisation de la politique nazie en 1942 vient augmenter les rangs de la résistance qui s’organise alors en réseau. Elle prend diverses formes : réseaux de renseignement, sabotages, filières d’évasion, mais aussi propagande par la presse clandestine. Elle se transforme parfois en véritables armées clandestines, particulièrement en Europe de l’Est. Des partisans parviennent à libérer eux-même la Yougoslavie et l’Albanie avant l’arrivée de l’armée rouge.

Ces mouvements s’appuient sur la résistance extérieure. En effet, les gouvernements polonais, hollandais, luxembourgeois, mais aussi des individus comme le général de Gaulle, réfugiés à Londres cherchent à organiser les moyens humains et financiers pour lutter contre l’occupant.

Après son appel à poursuivre la guerre, lancé à la radio de Londres le 18 juin 1940, le général de Gaulle obtient le ralliement de l'Afrique Équatoriale Française. Il forme une armée qui soutient efficacement les Britanniques dans la défense de l’Égypte. Modestement, la France rentre ainsi dans la guerre.

Glossaire:

Aryen :

 

Le mot "aryen" découle de la francisation du terme sanskrit arya qui signifie “excellent, honorable“. Il désigne des peuples ou des langues d’origine indo-européenne.
Par extension, des théoriciens racistes s’appuient sans aucun fondement scientifique pour désigner une “race supérieure“ ou “race pure“.

Germanisation :

 

Expulsion des populations non-germaniques, implantation de colons allemands, administration dirigée par des fonctionnaires du Reich, obligation de parler allemand …

3 septembre 1939:
La Grande Bretagne et la France
déclarent la guerre au Reich

Jean Zay démissionne du gouvernement
afin de pouvoir s'engager.

20 juin 1939:
Il s'embarque sur le Massilia avec
27 parlementaires pour continuer
la guerre en Afrique du Nord.

 

16 août 1939:
Il est arrêté et transféré à
Clermont-Ferrand pour abandon
de poste et désertion.

4 octobre 1940:
Condamnation de Jean Zay
à la déportation et à la dégradation militaire.

13 mai 1940:
Percée allemande à Sedan

16 juin 1940:
Pétain Président du Conseil

22 Juin 1940:
Signature de l'armistice franco-allemand à Rethondes

10 juillet 1940:
L'assemblée donne les pleins pouvoirs à Pétain.

3 octobre 1940:
Statut des Juifs signés par Pétain

22 juin 1941:
L'Allemagne envahit l'URSS

14 novembre 1942:
Les Allemands envahissent la zone Sud.

La mondialisation du conflit
 

Les États-Unis dans un premier temps se tiennent à l’écart des évènements européens. Le président Roosevelt, pourtant hostile aux dictatures fascistes devait tenir compte de l’opinion publique américaine, qui était alors assez défavorable à une entrée en guerre. Cependant dès mars  1941, par le vote de la loi prêt-bail*, les États-Unis apportent leur soutien au Royaume-Uni.

Les Japonais ont entrepris de construire un grand empire. Ils ont conquis la Corée. En 1937, ils ont attaqué la Chine, pris Pékin, Shanghai, Nankin, la Birmanie, l'Indonésie. Cela suppose qu'ils aient la maîtrise des mers. Les États-Unis n'ont pas l'intention de la laisser faire. Pour prendre un avantage qu'ils croient décisif, le 7 décembre 1941, les Japonais attaquent par surprise la base américaine de Pearl Harbor dans les îles Hawaï, détruisant une grande partie de la flotte américaine dans le Pacifique. Cela a pour conséquence l’entrée en guerre des États-Unis. Le lendemain de l’attaque, ils déclarent la guerre au Japon et à l'Allemagne, ils entrent en guerre contre l’Allemagne, le 11 décembre. Les conditions de la grande alliance sont réunies.

Désormais deux camps s’opposent d’un côté les puissances de l’Axe, celles des dictatures fascistes et de l’autre côté, les états de la Grande Alliance et les mouvements de résistance.
Sur l’initiative de Roosevelt et de Churchill, la Charte de l’Atlantique à l’origine de la charte des Nations Unies est ratifiée début  1942 par 26 pays en guerre contre l'Allemagne, dont l’URSS qui réintègre ainsi le concert des nations. Le prêt-bail, initialement prévu pour soutenir le Royaume-Uni est étendu à l’URSS. Des envois massifs de matériel américain permettent à l'armée rouge de se réorganiser pour affronter la reprise des combats au sortir de l'hiver 1941-42.

Glossaire:

Loi prêt-bail :


Loi votée par le Congrès américain, qui prévoit à son origine la mise à disposition de matériels militaires au Royaume-Uni, payable après guerre. Par la suite, cette vente à crédit s’étendra aux pays alliés.

13 janvier 1943:
Création de la Milice

La reconquête des Alliés : 1942 -1945
 

La guerre à l'Est:
 

Hitler lance une grande offensive vers le Caucase, grand centre industriel et pétrolier de l’URSS, mais contre toute attente, il se heurte à une résistance farouche des Soviétiques à Stalingrad. Malgré l’opposition de son entourage, il exige de ses troupes de conserver la place par tous les moyens. Néanmoins, l’armée allemande encerclée et affamée capitule le 2 février 1943. Cette première grande défaite a un retentissement considérable sur le moral des belligérants des deux camps.
Dès lors, les Soviétiques reconquièrent lentement tout le territoire qu'ils avaient dû abandonner et ils poursuivent leur poussée au-delà de leur territoire. Ils libèrent la Lituanie, la Roumanie, la Bulgarie et pénètrent en Pologne en juillet 1944. Parallèlement, les Britanniques délivrent la Grèce.

Les débarquements:
 

En novembre 1942, commence l’opération Torsh : Les Alliés débarquent en Afrique du Nord et liquident les forces de l’Axe.
A partir de l’été 1943, a lieu le débarquement en Italie qui est conquise par le Sud. La capitulation italienne en septembre 1943 n’améliore en rien l’avancée des forces qui se confrontent à une contre-offensive allemande. La Péninsule ne sera complètement libérée qu’en mai 1945.

En novembre 1943, lors de la conférence de Téhéran, Roosevelt, Churchill et Staline pour la première fois réunis décident l’ouverture d’un second front à l’Ouest. Staline réclamait ce second front afin de soulager l’URSS de la pression militaire qu’elle était seule à supporter à l’Est. Ce sera le débarquement en Normandie le 6 juin 1944, prélude à la libération de l’Europe. Le 15  août 1944, un second débarquement en Provence accélère la retraite allemande. Paris se soulève à l'approche des alliés. L'armée du général Leclerc y entre le 25 août. La France est presque totalement libérée en octobre.

A l’Ouest, les Alliés franchissent le Rhin, tandis que les Anglo-américains intensifient les bombardements sur les grandes villes allemandes, afin de détruire l’appareil industriel et miner le moral des populations. L’armée rouge quant à elle avance sur Berlin : Américains et Soviétiques font leur jonction sur l’Elbe.
Le 30 avril, Hitler se suicide. Le 8 mai à Berlin, l’Allemagne capitule sans conditions.

La capitulation du Japon:
 

Dans le Pacifique, deux batailles navales, où les portes-avions jouent un grand rôle dans la mer de Corail en mai 1942 et à Midway en juin 1942 stoppent l’avancée japonaise. L’armée américaine s’empare un à un des archipels détenus par les Japonais, mais ces derniers tiennent encore fermement leurs positions en Chine et en Asie du Sud-Est.
Le président Truman, afin d’abréger la guerre qui pourrait s’avérer longue et coûteuse prend la lourde décision d’employer une arme nouvelle  : la bombe atomique. Le 6 août 1945, la première bombe atomique est lâchée sur Hiroshima ; une autre suivra sur Nagasaki le 9 août. Le gouvernement japonais capitule le 14 août 1945.

6 juin 1944:
Débarquement des Alliés en Normandie

 

20 juin 1944:
Jean Zay est enlevé de la prison de Riom par trois miliciens et abattu dans un bois
près de Vichy.

La France occupée
Installation d’un régime autoritaire

 

Le maréchal Pétain élabore lui-même une nouvelle Constitution* qui lui donne les pleins pouvoirs, pleins pouvoirs qu’il obtiendra légalement le 10 juillet 1940. En réaction au régime de la IIIe République qu’il rend responsable de la décadence sociale et morale de la France et de sa dénatalité, il veut redonner au pays un régime fort. Il met ainsi en place un régime quasi-monarchiste où tous les contre-pouvoirs sont éliminés, et érige autour de sa personne un véritable culte de la personnalité.
Le gouvernement de Vichy prétend mener une "révolution nationale", mais cette politique ne recouvrit jamais un contenu idéologique très clair, malgré la devise officielle : "Travail, Famille, Patrie". Elle repose en fait sur un programme traditionaliste, où sont valorisées les anciennes valeurs communautaires que sont la famille, la patrie et le travail. La famille devient donc la cellule sur laquelle repose le nouvel ordre social, tandis que l’Église rétablie dans ses privilèges, est érigée comme garante des valeurs morales, mais la population résiste cependant aux tentatives d'embrigadement de la jeunesse. Les paysans sont encadrés dans une "corporation" ; une charte du travail organise des syndicats uniques et prétend en finir avec la lutte des classes. Au nom de la communauté nationale, le régime de Vichy rejette tous ceux qu’il assimile à l’anti-France : chasse aux naturalisés récents, communistes, juifs, francs-maçons…

Le choix de la collaboration:

Pierre Laval entraîne la France dans la collaboration avec l’Allemagne. Pétain choisit la collaboration dans l’idée d’obtenir pour la France une place avantageuse dans le "nouvel ordre" européen, mais refusera de signer la paix et d’entrer en guerre contre l’Angleterre. La collaboration de l’État français est scellée à Montoire, le 24 octobre 1940, par sa poignée de main avec Hitler. Elle se traduit par une collaboration économique (livraison de matières premières au Reich), policière (répression contre les attentats perpétrés contre les Allemands), militaire (mise à disposition de matériel et de légions volontaires) et administrative (l’administration, mise au service de l’occupant).
A partir de 1942, la collaboration s’accélère. A la suite d'accords conclus entre les autorités de Vichy et le nazis, la police parisienne procède à des rafles et collabore à la déportation de Juifs, parqués dans des camps français.

Le 11 novembre 1942, le régime de la zone Nord est étendu à la zone "libre" envahie par les Allemands, qui ripostent ainsi au débarquement allié en Afrique du Nord. Le régime de Vichy devient un État vassal de l’Allemagne nazie. La Milice, créée en janvier 1943 poursuit tous les opposants et mouvements de résistance. En février 1943, le STO, Service du travail obligatoire mobilise les jeunes hommes de 20 à 23 ans pour travailler dans les entreprises allemandes, tandis que la collaboration industrielle est intensifiée.

La résistance:

La résistance extérieure est née de l’appel du 18 juin 1940, lancé par le général de Gaulle à la BBC, invitant les Français à poursuivre le combat. Avec le soutien du gouvernement britannique, le général de Gaulle organise la France libre* et fait entendre sa voix sur le continent. Une poignée de combattants rejoignent ainsi Londres et les Forces Françaises Libres (FFL).
Dans la France occupée, comme en zone libre, la résistance intérieure d’abord le fait d’individu isolé se développe doucement et s’organise à partir de la France libre. L’invasion de la zone sud aura un lourd impact sur le moral des Français, de nombreuses protestations se feront entendre. Les réfractaires au STO viendront gonfler ses rangs en 1943, mais la résistance jusqu’en 1944 restera un phénomène marginal. Elle aura néanmoins par son travail de sabotage et de renseignements un rôle très important dans le débarquement de Normandie.

Glossaire:

Constitution:


Ensemble des lois fondamentales qui établissent la forme du gouvernement d’un pays et règlent les rapports entre gouvernants et gouvernés.

France libre:


La France libre regroupe sous l’autorité du général de Gaulle les troupes, les colonies et tous ceux qui ont rejoint Londres. En 1941, Churchill reconnaît de Gaulle comme "Chef des Français libres".

22 septembre 1946:
Le corps de Jean zay est retrouvé par hasard par des chasseurs.

La Libération

A partir de juin 1943, Alger devient après Londres le centre politique de la résistance extérieure française. C’est à Alger que de Gaulle prépare la libération de la France et surtout son avenir politique et diplomatique. Il se réclame des valeurs de la république et de la démocratie en opposition avec le régime de Vichy. Il considérera toujours que le vote du 10 juillet 1940, donnant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain était nul et non avenu et que l’État français républicain avait survécu à Londres et à Alger, à travers la France libre.
Les mouvements de résistance intérieure, qui se fédèrent sous l'action de son représentant, Jean Moulin, forment le Conseil National de la Résistance et reconnaissent son autorité. A la veille du débarquement, le Comité français de libération nationale (CFLN) prend l’appellation de Gouvernement provisoire de la République française. Une Assemblée consultative provisoire est constituée. De cette manière, de Gaulle affirme l’indépendance de la France vis à vis des Alliés et s’oppose ainsi à la volonté américaine de mettre en place une administration provisoire en France.

Le 6 juin 1944, les forces alliées débarquent en Normandie, puis en Provence le 15 août. Elles sont soutenues par les FFI* qui retardent par tous les moyens les renforts allemands. Des villes sont ainsi libérées par des résistants, sortis du maquis.
Paris, insurgé, est libéré le 25 août 1944. Le régime de Vichy s’écroule. Pétain et ses ministres s’enfuient vers l’Allemagne d’où ils ne reviendront que pour être jugés. De Gaulle installe alors un gouvernement provisoire dans la capitale. Considérant que l’État français n’a cessé d’exister, il entend rétablir l’ordre républicain, en s’appuyant sur l’Assemblée constitutive créée à Alger en 1943. Contre toute attente, il réussit à s’imposer face aux comités locaux de résistance et aux Américains qui ne l’entendaient pas de cette façon, et écarte la menace d’une éventuelle prise de pouvoir par les communistes, nombreux dans les mouvements de résistance.

Pour affirmer la souveraineté retrouvée de la France, le gouvernement provisoire engage l’armée française, à participer à l’invasion de l’Allemagne. Cette action militaire, même si elle reste limitée par rapport à l’effort de guerre fourni par les États-Unis et l’URSS permettra à la France de figurer parmi les pays qui obtiendront la capitulation de l’Allemagne.

Il reste désormais à reconstruire l’État républicain et à rétablir l’ordre. Les premières élections législatives auront lieu en octobre 1945.

Glossaire:

FFI :


Forces Françaises de l’Intérieur, qui regroupent en théorie les mouvements armés de la résistance.