Fiche historique

1870-1919:

2 septembre 1870:
Défaite de l'armée française face
aux Prussiens à Sedan

4 septembre 1870:
Proclamation de la IIIe République

Les institutions de la IIIe République

Des débuts difficiles:
 

La IIIe République est née de la guerre.
La défaite de l’armée française face aux Prussiens à Sedan, le 2 septembre 1870 précipite la chute de l’Empire. Tandis que l’Empereur Napoléon III est fait prisonnier, un gouvernement de Défense nationale se constitue le 4 septembre. La IIIe République est proclamée. pour continuer la guerre, mais l’armée française est mise en déroute. Le 28 janvier 1971, un armistice* est signé avec les Prussiens pour 4 semaines. Afin que le traité de paix soit conclu régulièrement, il fallait qu’une autorité légitime l’entérine.
Le 8 février, les élections amènent à la nouvelle Assemblée une majorité dominée par les monarchistes*. La question de la forme du régime, monarchie ou république est laissée en suspens. Il faut en premier lieu négocier la paix.
La nouvelle assemblée accepte des conditions de paix très dures : la France cède l’Alsace et une partie de la Lorraine et doit payer un lourd tribut à Bismarck.

 

Les lois constitutionnelles de la IIIe République:
 

Il n’existe pas véritablement de constitution de la IIIe République. Un certain nombre de lois "constitutionnelles" viennent combler le flou institutionnel au fur et à mesure qu’évoluent les rapports de force entre républicains et monarchistes entre 1871 et 1877.

En 1875, trois lois fixent les bases du régime. La Constitution établit un système parlementaire, avec un gouvernement responsable devant les Chambres.

 

Le pouvoir législatif est exercé par la Chambre des Députés, élue au suffrage universel masculin et par un Sénat désigné au suffrage indirect par des élus locaux (députés, maires…).

Le pouvoir exécutif est représenté par un Président de la République, élu pour 7 ans par les chambres réunies en congrès. Il possède un certain nombre de prérogatives : il désigne le Président du conseil (des ministres) qu’il choisit de manière à être soutenu par la majorité parlementaire. Il peut également dissoudre la Chambre des députés, mais la dissolution ne sera employée qu’une seule fois sous la IIIe République, en 1877. Il dispose donc au final de peu de pouvoirs.
C’est le Président du conseil, chef du gouvernement, qui concentre l’essentiel du pouvoir exécutif, mais il est responsable devant les assemblées. La Chambre des députés peut facilement renverser le gouvernement : l’équilibre des pouvoirs est brisé. Il en résultera une grande instabilité gouvernementale.

 

Le triomphe de la République:
 

La crise du 16 mai 1877 redéfinit la définition du régime.
En mars 1876, les républicains triomphent aux élections législatives : 360 républicains pour 155 monarchistes. Le président Mac-Mahon, monarchiste* se retrouve face à une Assemblée lui étant majoritairement hostile. Le conflit éclate.

Le 16 mai 1877, Mac Mahon renvoie le chef gouvernement républicain, Jules Simon dont il désapprouve la politique et nomme à sa place Albert de Broglie, mais ce dernier n’obtient pas la confiance de la Chambre. Il dissout alors la Chambre des députés le 25 juin. Cependant les élections en octobre viennent confirmer la majorité républicaine. Mac Mahon est contraint de démissionner le 30 janvier 1879.

La crise de mai 1877 sonne le glas d’une république présidentielle, en discréditant le recours au droit de dissolution, qui est désormais perçu comme anti-républicain. Plus aucun président de la IIIe République n’osera l’utiliser. Il ne peut donc pas prendre de mesures qui mécontentent les députés sous peine d’être révoqué.
Au contraire, s’instaure un régime d’assemblée : le parlement peut sans crainte engager la responsabilité d’un gouvernement. Conséquence, les gouvernements se succèdent au rythme des alliances provisoires, ce qui génère l’instabilité parlementaire, et finalement l’immobilisme et l’antiparlementarisme*.
Ces défauts vont alimenter les crises que va connaître le modèle républicain jusqu’à ce que la constitution de la Ve République supprime l’instabilité ministérielle.

Après les élections de 1877, la droite conservatrice, soutenue par l’Eglise gardera de l’influence dans la diplomatie, la magistrature et surtout l’armée.
Les républicains qui arrivent au pouvoir en 1877 prennent un certain nombre de mesures pour asseoir la République et diminuer l’influence de l’Eglise, encore très implantée dans les institutions, notamment par le biais de l’enseignement.

 

Glossaire:

Armistice :

 

Convention militaire ou diplomatique conclue entre les belligérants, qui détermine les conditions de la cessation des hostilités. Ce n’est donc pas la fin de la guerre, mais un accord qui la prépare.
 

Monarchistes :

Partisans d’un régime où le chef de l’Etat est un roi (les royalistes) ou un empereur (les bonapartistes).

Antiparlementarisme :

Mouvement d’opinion hostile au régime parlementaire, qui favoriserait la corruption et l’instabilité ministérielle.
 

Les lois fondamentales
 

En une décennie, les républicains vont voter les lois fondant une démocratie libérale et laïque*.

Les lois scolaires:
 

L’école est au cœur du projet républicain, elle ne doit plus seulement enseigner les apprentissages fondamentaux, mais doit également former des citoyens, des patriotes et donc enraciner la République.

Jules Ferry, ministre de l’instruction publique de 1879 à 1885 rend l’école gratuite et obligatoire pour les garçons ou filles de 6 à 13 ans et laïque. L’objectif est de diminuer l’influences des religieux sur la jeunesse. Les symboles religieux sont retirés des écoles et les programmes sont laïcisés. Des écoles normales forment les instituteurs et les institutrices qui deviennent des fonctionnaires. Les mesures dans l’enseignement secondaire restent limitées : la loi de 1880 crée des lycées de filles, mais les lycées restent en général fréquentés par des enfants issus des classes aisées, car ils demeurent payants.
L’Eglise dénonce cette école "sans Dieu" et se replie dans l’enseignement privé.

Les libertés individuelles et collectives:
 

Les républicains instituent les libertés fondamentales en faisant adopter un certain nombre de lois dites fondamentales :
- Lois de 1881 sur la liberté de la presse et des réunions collectives,
- Loi municipale de 1882 sur la vie municipale, qui institue l’élection du maire et de ses adjoints par le conseil municipal,
- Loi de 1884 qui autorise les associations professionnelles, donc les syndicats*. Elle est à l’origine de la création de la CGT* en 1895. La loi 1901 viendra consacrer le principe de la liberté d’association.

La séparation de l’Eglise et de la République:

Les républicains engagent une politique anticléricaliste*, afin d’affaiblir l’influence de l’Eglise sur la société française. Ils mènent alors une politique de laïcisation* non seulement dans l’enseignement, mais également dans l’ensemble des actes officiels de l’Etat. Tous les emblèmes religieux sont supprimés des établissements publics, le divorce est rétabli en 1884…
Le radical* et anticlérical Emile Combes, président du Conseil de 1902 à 1905 achève la laïcisation du pays. Il interdit notamment l’enseignement aux congrégations religieuses. La loi du 9 décembre 1905 prononce la séparation des églises et de l’Etat.

Glossaire:

Laïcité :

Qui n’appartient pas à un corps religieux, au clergé.


 

Syndicat :
 

Regroupement de personnes animées par la volonté de défendre des intérêts communs, matériels et moraux, spécialement dans le domaine professionnel.
 

CGT :
 

Confédération Générale du travail.

Anticléricalisme :
 

Mouvement de pensée hostile à l’influence de l’Église et du clergé dans les affaires publiques.

Laïcisation :

Politique décidée à réduire l’influence religieuse dans les affaires de l’Etat en lui ôtant toutes responsabilités publiques. La religion est restreinte à la sphère privée.
 

Radicalisme :
 

Courant politique qui propose une politique de réforme en faveur de la laïcité, de la liberté et de l’égalité.
 

28 janvier 1871:
Signature de l'armistice avec les Prussiens.

1871:
Elias Zay, grand père de Jean Zay choisit la France et Orléans, quand la mozelle est perdue.

1877:

Victoire électorale des Républicains.

1875:

Lois constitutionnelles.

Les causes de la première guerre mondiale

Tensions internationales : colonies, zones de commerce et d'influence:

Entre 1904 et 1910, l’Europe vit en paix armée.

- L’Allemagne, en plein essor économique, est à la recherche de nouveaux marchés. Guillaume II, empereur d’Allemagne, souhaite élargir son empire qui ne posséde quasiment aucune colonie. Il a des vues sur le Maroc, mais se heurte à la France qui cherche à renforcer son influence sur cette zone. Il en résulte les crises marocaines de 1905 et 1911 qui aboutissent à un accord en demi-mesure entre l’Allemagne et la France.

- La Grande-Bretagne s’inquiéte de perdre sa domination commerciale et coloniale sur le monde. Face à la montée en puissance de l’Allemagne, elle se rapproche de la France dans l’Entente cordiale, oubliant les tensions qui existent pourtant entre les deux empires coloniaux.

- La France, de son côté n'a pas oublié sa défaite de 1970 contre l’Allemagne. Elle ne cherche pas à prendre sa revanche, mais pense toujours que l’Alsace et la Lorraine sont françaises de cœur.

- L’Autriche-Hongrie connaît de graves difficultés internes, dues à la montée des mouvements nationalistes des Slaves du Sud (Serbes, Croates, Slovènes, Bosniaques…). Elle voit ses visées expansionnistes, vers la mer Egée, contrariées par la politique russe.

- L’Italie tend également à prendre pied dans les Balkans et revendique le Trentin et Trieste, demeurés sous domination autrichienne.

- La Russie, vaincue en Extrême-Orient et secouée par la révolution de 1905 cherche à remporter des succès. Elle renoue avec sa politique d'alliance avec les Slaves des Balkans.

Respect des alliances:

De vastes systèmes d’alliances se sont créés. La Triple alliance ou Triplice est la plus ancienne. Elle lie l’Allemagne et l’ Autriche-Hongrie (1879), puis plus tard l’Italie (1882), face à la menace française et russe. Cherchant des alliés, la Russie s’est rapprochée de la France, ce qui aboutit en 1892 à une convention militaire. L’Angleterre leur amène son soutien (1904-1907) formant la Triple Entente.

La crise des Balkans:

Les états balkaniques, issus du démembrement de l'Empire ottoman sont secoués dès 1909 par des conflits armés, plus ou moins arbitrés par les grandes puissances que sont la Grande-Bretagne, la France, l'Autriche-Hongrie et la Russie.

L’engrenage infernal:
 

L’événement déclencheur de la première guerre mondiale fut l’assassinat de l’archiduc François Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie à Sarajevo le 28 juin 1914 par de jeunes nationalistes serbes. Par le jeu des alliances, la guerre est déclenchée en Europe.
L’Autriche-Hongrie pose un ultimatum à la Serbie, le 28 juillet, mais cette dernière ne cède pas. L’attaque de l’Autriche-Hongrie provoque alors une escalade du conflit. Le 30, la Russie déclare la guerre à l’Autriche pour aider ses alliés serbes. Les Allemands rejoignent les Autrichiens et déclarent la guerre à la Russie le 1er août, puis le 3 à la France. Le 4, le Royaume-Uni déclare la guerre à l’Allemagne, dès l’invasion de la Belgique neutre. L’Italie reste neutre.

Le 1er août 1914, la France connaît la mobilisation générale.

6 juin 1902:
Victoire du Bloc de gauche


De la loi des associations
du 1er juillet 1901, à la séparation de l'Eglise et de l'Etat,
9 décembre 1905, les radicaux achèvent la laïcisation de la France

6 août 1904:

Naissance de Jean Zay
à Orléans

 

1906:

Léon Zay, son père
devient rédacteur en chef
du Progrès du Loiret.

Le traité de Versailles
 

A partir de janvier 1919, se tient à Paris, la conférence de Paix qui aboutira péniblement au traité de Versailles, signé le 28 juin 1919. Cet énorme congrès diplomatique va rassembler durant six mois, 27 nations, 1000 délégués, dans 52 commissions traitant de domaines de tout ordre, mais en réalité, les principales décisions seront prises par le "Conseil des Quatre", formé par Wilson (Etats-Unis), Lloyd George (Royaume-Uni), Clemenceau (France) et Orlando (Italie).
L’objectif indiqué de cette conférence était de réfléchir à la reconstruction de l’Europe et de mettre en place les bases de relations internationales garantissant la paix, mais les discussions vont essentiellement tourner autour de la question des frontières. La tâche est d’autant plus ardue que la Russie bolchevique et les pays vaincus, notamment l’Allemagne en étaient exclus.

Les divergences du "conseil des quatre":
 

Dés le début des divergences divisent les Alliés.
Wilson souhaitait une paix durable fondée notamment sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et sur la réinsertion future des vaincus au sein d’un organisme international, la Société des Nations (SDN), mais il se confronte aux exigences et intransigeances des autres Alliés.
Français et Britanniques affichent au départ des convictions communes : faire payer l’Allemagne, écarter tout risque de revanche de sa part, éloigner la menace bolchevique et renforcer la cohésion de leur empire colonial. Cependant sur les modalités, ils divergent radicalement. Clemenceau exige des mesures territoriales pour que l'Allemagne ne puisse plus menacer la France d'une nouvelle attaque, tandis que Lloyd George estime qu’un traité qui écraserait trop l’Allemagne serait dangereux pour la stabilité de l’Europe.
Quant à Orlando, fidèle à l'irrédentisme*, il réclame toutes les "terres irrédentes" de la côte adriatique. La conférence ne les accorda pas à l'Italie, afin de ne pas trop diminuer la future Yougoslavie.

Le diktat:

Le traité de Versailles rend l’Allemagne responsable dans le déclenchement de la guerre. L’Allemagne doit payer de lourdes réparations de guerre. Elle est amputée d’un septième de son territoire et d’un dixième de sa population, et perd toutes ses colonies. Elle est désarmée : toute la rive gauche du Rhin, ainsi qu’une zone de sécurité sur la rive droite sont démilitarisées ; son armée est réduite à 100 mille hommes. Il lui est interdit toute réunion avec l’Autriche (Anschluss*).
L’Allemagne en position de faiblesse ratifie le traité à contre-cœur. Elle n’aura de cesse de remettre en cause pacifiquement ou non, de ce qu’elle dénonce comme un diktat*.

Le démantèlement de l'Europe centrale:

D'autres traités de paix furent ratifiés qui démantelèrent les Empires austro-hongrois et ottoman, remodelèrent en profondeur l'Europe centrale et orientale et donnèrent naissance à de nouveaux États.

La Société des Nations:
 

La Société de Nations était voulue par le président des Etats-Unis, Wilson. Il l’annexa aux traités de paix, car il voyait dans ce projet un moyen de résoudre pacifiquement les futures crises.

Installée à Genève, la SDN repose sur trois institutions :
 - l’Assemblée générale où chaque pays dispose d’une voix ;
 - le Conseil de membres permanents (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Italie, Japon) et de membres non permanents, cherchant des solutions à l’occasion de graves crises internationales ;
 - un Secrétariat général, pour l’administration courante.

La S.D.N. devait remplacer la diplomatie secrète, héritée du XIXe siècle, mais très vite cet organisme, porteur d’espoir montre ses faiblesses. Les membres fondateurs sont les nations victorieuses et excluent les pays vaincus. Très vite, la SDN souffre de l’absence de l’Allemagne et l’URSS, mais aussi des Etats-Unis, pourtant porteurs du projet mais qui contre toute attente refusent de ratifier le Traité de Versailles. Enfin, la S.D.N. manque de moyens pour faire respecter ses décisions.

Glossaire:

Anschluss :

 

Terme allemand signifiant "réunion". L’Anschluss fait partie des programmes nazis, prônant le rattachement des pays à culture allemande, comme l’Autriche à la mère-patrie allemande.

Diktat :

 

Mot allemand qui signifie "chose dictée, imposée".
 

Irrédentisme :
 

Doctrine des nationalistes italiens qui réclamaient le rattachement de territoires italianophones encore sous domination étrangère.
 

La première guerre mondiale
 

En août 1914, le monde bascule dans la guerre en quelques semaines. Cette guerre fut une des premières guerres modernes, utilisant des techniques nouvelles : tanks, gaz asphyxiant, mais aussi mitrailleuses, canons à longue portée, ce qui explique les fortes pertes. Presque partout, les hommes avaient fait leur service militaire et presque tous furent mobilisés. Les pertes furent énormes. A l’arrière les populations furent elles aussi mises à contribution : cadences rapides dans les industries de guerre, travail des femmes généralisé, rationnement des civils.
De plus cette guerre qui ne concernait au départ que l’Europe va s’étendre au monde entier. Chaque camp se cherchant des alliés ouvre des fronts un peu partout. La mondialisation est également la conséquence de l’engagement des colonies qui fournissent à l’Angleterre et à la France des soldats et des travailleurs supplémentaires.

Guerre de mouvement 1914:
 

L’Allemagne souhaitant une guerre rapide décide d’attaquer la France par sa frontière du Nord, la plus vunérable et envahit la Belgique, pays neutre. Le 2 septembre, l’armée allemande est à 30 km de Paris. Les Français, commandés par le général Joffre, et les Britanniques réussissent à stopper sur la Marne les troupes allemandes. Commence alors une véritable "course vers la mer". Après les violentes batailles des Flandres, le front se stabilise sur plus de 700 km, de la mer du Nord à la Suisse.

Guerre d'usure 1915 - 1916:

L’espoir d’une guerre rapide ayant disparu, une guerre de position commence. Le front s’organise avec ses kilomètres de tranchées, protégées par des barbelés et à l’arrière ses cantonnements. Des tentatives militaires sont menées pour briser l’immobilisme. Les Allemands lancent une grande offensive à Verdun (févr.-déc. 1916) qui se soldera par une victoire en demi-teinte pour les Alliés. De même les Britanniques et les Français échouent à leur tour sur la Somme (mars-juillet 1916).
Cette guerre d’usure engendre une lassitude qui touche les soldats comme les civils. L’échec de l’offensive du général Nivelle au "chemin des Dames" en 1917 entraîne une vague de mutineries, tandis qu’à l’arrière les grèves se multiplient notamment dans les usines d’armement.

Crise et dénouement 1917 - 1918:

En février 1917, l’Allemagne déclenche une guerre sous-marine à outrance, afin d’empêcher le ravitaillement des Alliés par les mers. Les torpillages allemands incessants sur les bateaux américains provoquent l’entrée en guerre des Etats-Unis, le 6 avril 1917. Alors même que les Alliés obtiennent l’appui américain, les Bolcheviques arrivés au pouvoir en novembre 1917 se retirent du conflit, signent un armistice avec l’Allemagne (15 décembre) et concluent le traité de Brest-Litovsk (3 mars 1918) consentant d’énormes avantages territoriaux aux empires centraux.
Décidés à remporter la victoire avant le débarquement des troupes américaines, les Allemands ouvrent une brèche dans le front franco-allemand et bombardent Paris. La situation devient suffisamment grave pour que les Alliés créent pour la première fois depuis le début de la guerre un commandement unique confié le 26 mars 1917 à Foch.

En juillet 1918, Foch lance une vigoureuse contre-offensive. Les armées allemandes reculent. Abandonné par ses alliés qui capitulent, Guillaume II abdique et la République est proclamée le 9 novembre 1918. Les représentants du nouveau gouvernement acceptent les conditions de l’armistice* signé à Rethondes, le 11 novembre 1918.

Glossaire:

Armistice :

 

Convention militaire ou diplomatique conclue entre les belligérants, qui détermine les conditions de la cessation des hostilités. Ce n’est donc pas la fin de la guerre, mais un accord qui la prépare.

28 juin 1914:
Assassinat de l'archiduc François Ferdinand à Sarajevo.

2 août 1914:

Déclaration de guerre.

 

11 novembre 1918:

Armistice signé à Rethondes.

28 juin 1919:

Traité de Versailles.

1919-1929:

Le ressentiment des vaincus et des vainqueurs
ou la failite du traité de Versailles

Isolement des États-Unis:
 

Les Américains, en refusant de ratifier le traité de Versailles en mars 1920 rompent les accords qui avaient été pris lors de la conférence de paix et notamment, annulent les garanties de protection face aux éventuelles agressions allemandes.

Isolement des États-Unis:
 

Se sentant isolée, la France décide d’organiser elle-même sa défense et se rapproche des puissances moyennes d’Europe centrale (Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Roumanie). Elle encourage des alliances entre ces pays, mais pour ne pas inquiéter les Anglais, n’en fait pas partie. Des traités bilatéraux sont donc signés entre chaque Etat. C’est ce que l’on va appeler la Petite Entente.

La question des réparations:

Le paiement des réparations allemandes achoppe vite sur la mauvaise volonté de l’Allemagne, mais aussi à cause des difficultés financières que connaît le pays. Tandis que les Américains et les Anglais estiment que la reconstruction de l’Europe ne peut se faire sans une Allemagne suffisamment forte, les Français se montrent intraitables sur la question des réparations. En 1923, Poincaré occupe la Ruhr, ce qui ne fait qu’aggraver un peu plus la crise économique allemande et provoque le mécontentement des Anglo-Saxons qui attaquent le Franc en représailles.
Poincaré est contraint d’accepter en septembre 1924, le plan Dawes proposé par le banquier américain Dawes, plan qui consiste à diminuer et à rééchelonner les versements allemands sur cinq ans. La France évacue partiellement la Ruhr, souhaitant conserver des garanties jusqu'à la fin des paiements. La zone sera définitivement évacuée en 1930, au lieu de 1935 : on savait que l’Allemagne ne paierait plus.

L’Italie et la "victoire mutilée":

Alors que l’Italie a perdu 600 000 hommes, elle n’obtient pas la côte des Damaltes que les Alliés lui avaient pourtant promise dans des négociations secrètes de 1915. Les traités ne lui donnent que le Trentin et l’Istrie, mais pas la Dalmatie, ni la ville de Fiume pourtant peuplée majoritairement d’Italiens. L’italie ne perçoit seulement que 10% des réparations et n’obtient aucun mandat après le démantèlement de l’empire ottoman. Un profond ressentiment naît, qui s’exprime à travers le thème de la "victoire mutilée", développée par les nationalistes* et le fascisme* naissant.

La politique du "fait accompli":
 

Des frontières issues des traités sont modifiées par la force. Dès le début des années 1920, la Pologne reconstituée s’empare de Vilno en Lituanie, puis d’une partie de la Biélorussie et de l’Ukraine. Les Lituaniens de leur côté occupent le port de Memel en Prusse orientale. Le traité de Lausanne entérine la reconquête par la Turquie de la partie d’Asie Mineure qui lui avait été retirée après-guerre. La SDN, impuissante entérine tous les coups de force.

Glossaire:

Nationalisme :

 

Idéologie qui place l’intérêt de la nation au-dessus de tout. Sentiment plus agressif que le patriotisme, il s’exprime par le rejet et la méfiance vis à vis des autres nations et par la guerre de conquête.

Fascisme :
 

L’origine du terme vient de fascio, faisceau, symbole d’autorité dans la Rome antique. Il désigne d’abord le mouvement, puis le régime italien mis en place par Mussolini, avant de désigner toutes les dictatures fondées sur le culte du chef et le rejet des principes démocratiques et des droits de l’homme.

20 - 26 décembre 1920:
Congrès de Tours, les
communistes quittent la SFIO.

20 - 26 décembre 1920:

Congrès de Tours,
les communistes quittent la CIO.

 

Les illusions de la victoire en France
 

A la sortie de la guerre, la France est exsangue. Elle compte ses morts (1 450 000) et ses blessés (750 000 invalides). Des départements ont été entièrement ravagés, tandis qu’il pèse sur elle une dette énorme. Pourtant, les Français aspirent à la paix et au retour de la prospérité d’avant-guerre. Un sentiment pacifiste, nourri par les horreurs de la guerre se développe, en même temps qu’on affirme que "l’Allemagne paiera" les réparations.

Le bloc national (1919-1924):
 

Le "Bloc national", coalition de la droite et du centre remporte les élections d’avril 1919, porté par l’élan patriotique de la victoire, la peur du bolchevisme et les divisions de la gauche. Il mène une politique très conservatrice :
 - politique antisyndicaliste, nourrie par l’inquiétude du bolchevisme : répression sévère des grèves en 1920 ;
 - politique moraliste : droit de suffrage refusé aux femmes, législation répressive en matière de contraception et d’avortement ;
 - politique pro-catholique : rétablissement des relations diplomatiques avec le Vatican en 1921, maintien du concordat en Alsace-Lorraine ;
 - politique nationaliste : occupation de la Ruhr en janvier 1923, pour obliger l’Allemagne à payer.
Poincaré, président du Conseil (1922-1924) ne parvient pas à redresser la situation financière, enrayer la dépression du franc et maîtriser l’inflation*.

Le cartel des gauches (1924-1926):
 

L’accord retrouvé entre le parti radical-socialiste et la SFIO permet la victoire du Cartel des gauches. Le gouvernement Herriot tente d'appliquer un programme "républicain", essentiellement anticlérical*, échoue devant une puissante mobilisation populaire et tombe après son échec financier.

L’Union nationale (1926-1929):

Les radicaux* se voient contraints de participer à un gouvernement centriste d’Union nationale. Poincaré rétablit la confiance des épargnants français et des investisseurs étrangers. Il équilibre le budget, met fin à la spéculation contre la monnaie française et pour stabiliser le franc, procède à sa dévaluation*. La stabilité retrouvée lui permet de mener une politique sociale moins agressive qu’au début des années 20 : débuts des assurances sociales, gratuité de l’enseignement secondaire, retraite des anciens combattants, électrification des campagnes. L’économie française connaît l’une des croissances les plus fortes du monde.

Quand Poincaré démissionne en juillet 1929, les Français peuvent avoir l’impression qu’ils en ont fini avec les séquelles de la guerre et que la France est redevenue la grande puissance qu’elle était avant 1914.

Glossaire:

Inflation :

 

Hausse générale des prix, qui traduit la dépréciation intérieure d’une monnaie.

Anticléricalisme :

 

Mouvement de pensée hostile à l’influence de l’Église et du clergé dans les affaires publiques.

Radicalisme :

 

Courant politique qui propose une politique de réforme en faveur de la laïcité, de la liberté et de l’égalité.
 

Dévaluation :

 

Diminution de la valeur d’une monnaie nationale par rapport à un étalon de référence et aux monnaies étrangères.

L'échec de la révolution mondiale
 

Au lendemain de la guerre, une partie de la classe ouvrière européenne place ses espoirs dans le communisme*. Des mouvements se lèvent un peu partout en Europe, mais ils sont très vite réprimés et contenus. Les Bolcheviks* soutiennent ces mouvements, car pour eux, la révolution ne peut triompher que si elle est totale et mondiale. Ils ont besoin de sortir de leur isolement. En mars 1919, les Bolcheviques fondent à Moscou la IIIe Internationale ou Kominterm, pour regrouper les communistes et soutenir les mouvements révolutionnaires. Son premier appel exhorte les travailleurs "à faire pression sur les gouvernements, y compris par des moyens révolutionnaires, pour que cesse l’intervention contre la République soviétique".

En décembre 1920, a lieu en France le congrès du parti socialiste à Tours. Les partisans à l’adhésion à la IIIe internationale, majoritaires, créent le Parti communiste (PC-SFIC). Les minoritaires refusent de se soumettre et maintiennent avec Léon Blum le Parti socialiste*, Section française de l’Internationale ouvrière (PS-SFIO).

La révolution en Europe échoue et provoque l’isolement de la Russie soviétique. Dans les démocraties libérales, se développe la peur de la contagion bolchevique. Les communistes sont dénoncés comme des ennemis de la patrie, et progressivement se coupent des autres courants du monde ouvrier.

Glossaire:

Communisme :

 

Doctrine ou mouvement politique, qui a pour projet la collectivisation des moyens de productions à la répartition des biens matériels. La notions de propriété privée et de classes sociales disparaît.

Bolchevisme :

 

Courant politique issu de l’Internationale socialiste, inspirée des idées de Lénine.
En 1918, le Parti bolchevik devient le Parti communiste bolchevik de Russie.

Socialisme :

 

Doctrine ou mouvement politique qui dénonce les abus du capitalisme libéral. Il vise à la réduction des inégalités sociales et à une meilleure répartition des richesses entre les hommes.

11 janvier 1923:

Poincarré fait occuper la Ruhr

 

1923:

Bachelier, Jean Zay devient
journaliste au Progrès du Loiret
et clerc d'avoué pour financer
ses études de droit.

 

L'installation du régime fasciste en Italie
 

La marche sur Rome:
 

En 1919 lors des grèves révolutionnaires qui secouent l’Italie, Mussolini fonde à Milan les Faisceaux italiens de combat, un petit mouvement à l’idéologie confuse. Il s’agissait principalement d’une milice* employée par le patronat pour briser les grèves, même après sa transformation en Parti National Fasciste* (PNF) en 1921.
En 1922, profitant des troubles provoqués par les grèves générales, Mussolini organise en août un coup de force : "la marche sur Rome". Le 27 octobre, 50 000 militants menacent de marcher sur Rome. Le roi Victor-Emmanuel III, voulant éviter toutes violences et cédant aux pressions de son entourage l’appelle à former un gouvernement. Ce fut d’abord un gouvernement d’union, les fascistes n’étaient pas encore maîtres du pays.
Mussolini après des mesures d’apaisement, se fait attribuer dès novembre 1922 les pleins pouvoirs. Il modifie également la loi électorale et provoque de nouvelles élections qui en janvier 1924, assurent une très large majorité aux fascistes.

L'assassinat de Matteotti:
 

En juin 1924, le député socialiste Matteotti, principal adversaire de Mussolini qui avait dénoncé vigoureusement les irrégularités durant les élections est enlevé. La découverte de son cadavre deux mois plus tard, provoque une véritable crise dans le pays : certains fascistes quittent le parti, les députés non-fascistes boycottent les séances de la Chambre.

Le 3 janvier 1925, Mussolini assume la responsabilité du meurtre devant les députés et annonce la dictature. L’opposition est dès lors violemment combattue. Entre 1925 et 1928, les lois fascistes sont imposées : syndicats et partis politiques interdits, droit de grève supprimé, élections locales abolies… Le PNF devient parti unique. La population est embrigadée : des organismes spécifiques encadrent les jeunes dès leur plus jeune age, tandis que les adultes sont contenus dans des systèmes corporatistes*, tandis que la police politique et la création de tribunaux spéciaux musèlent toutes oppositions.
En février 1929, les accords de Latran règlent les rapports entre l’Eglise et l’Etat italien.

Après la crise de 1929, le fascisme renforce son emprise sur l’économie. Les difficultés financières et la pénurie de matières premières conduisent Mussolini vers une politique ambitieuse d’autarcie*. Le Duce engage également l’Italie dans l’aventure impériale avec la guerre d’Ethiopie qui éloigne l’Italie des démocraties. La guerre d’Espagne le rapproche de l’Allemagne. A la fin des années 30, Mussolini semble s’orienter vers la mise en place d’un régime totalitaire.

Glossaire:

Milice :

 

Organisation paramilitaire.

Fascisme :

 

L’origine du terme vient de fascio, faisceau, symbole d’autorité dans la Rome antique. Il désigne d’abord le mouvement, puis le régime italien mis en place par Mussolini, avant de désigner toutes les dictatures fondées sur le culte du chef et le rejet des principes démocratiques et des droits de l’homme.

Corporatisme :

 

Doctrine économique inspirée du modèle médiéval qui regroupe dans une corporation les membres d’un même secteur d’activité, quel que soit leur statut des employés aux patrons.

Autarcie :

 

Politique économique d’un pays qui tend à se suffire à lui-même. Elle consiste à réduire le plus possible les échanges avec l’étranger et à n’autoriser que les importations indispensables, et donc à développer les produits nationaux et à encourager le développement de produits de substitutions.

16 octobre 1925:

A Locarno, l'Allemagne reconnaît ses frontières occidentales.

 

1925:

Publication du premier numéro
du "Grenier"

Adhésion au Parti Radical

8 septembre 1926:

A. Brian parraine l'entrée
de l'Allemagne à la
Société des Nations.

 

1926:

Jean Zay est initié à la loge
Étienne Dolet, la loge
de son père.

1928:

Inscription au barreau d'Orléans

La république de Weimar
 

La République de Weimar, née dans le contexte difficile de la défaite doit faire face dès 1919 à la révolution spartakiste*, qui fut réprimée dans le sang grâce au concours de l’armée et des corps-francs*. Les dettes de guerre, les réparations du pays et la crise mondiale provoquent une inflation* galopante que les différents gouvernements n’arrivent pas à contenir. L’occupation de la Ruhr en 1923 aggrave un peu plus la situation économique. Les adversaires de l’État tentent un premier coup d’État en mars 1920 et récidivent en 1923. C’est notamment lors du putsch manqué de Munich, en novembre 1923 qu’Hitler sera mis en prison où il rédigera Mein Kampf ("Mon Combat").

Grâce au plan Dawes proposé par les Anglo-Saxons, la situation s’améliore dès 1924. France et Allemagne se rapprochent. A la conférence de Locarno, en octobre 1925, l’Allemagne accepte formellement ses frontières avec la France et la Belgique. Le Royaume-Uni et l’Italie se portent garants et s’obligent ainsi à intervenir en cas de violation. En revanche, l’Allemagne refuse de reconnaître formellement ses frontières orientales. Le 8 septembre 1928, Aristide Briand parraine l’entrée de l’Allemagne à la SDN*. Mais le projet de faire réviser le traité de Versailles n’aboutira pas avant le déclenchement de la crise mondiale et les institutions démocratiques sont fragilisées par l’instabilité ministérielle.

Au printemps 1931, la crise s’abat sur le pays. Le chômage touche plus de la moitié de la population active. Les différents gouvernements tentent d’appliquer une politique de déflation*, qui ne fait que baisser les revenus sans donner de résultat. Le sentiment de diktat, la crise financière et économique, l’impression d’inefficacité des institutions, les violentes oppositions entre socio-démocrates et communistes font le lit des mouvements d’extrême-droite, entre autres du parti nazi. On peut considérer que la nomination d’Hitler comme chancelier, le 30 janvier 1933 sonne le glas de la République de Weimar qui n’avait pas su inspirer la confiance du plus grand nombre. L’extrême-gauche lui reprochait la répression anti-spartarkiste, la droite le diktat de Versailles et les classes moyennes la crise économique de 1922-1924.

Glossaire:

Spartakisme :

 

Mouvement d’extrème-gauche de la sociale démocratie allemande, qui se transforme en 1918 en parti communiste allemand.

Corps-francs :

 

Organisation paramilitaire, formée d’anciens militaires.

Inflation :

 

Hausse générale des prix, qui traduit la dépréciation intérieure d’une monnaie.

SDN :

 

Société des Nations (1920).
 

Déflation :

 

Politique économique qui consiste à baisser les salaires et les dépenses de l’Etat pour rétablir un équilibre budgétaire.

24 octobre 1929:

Krach boursier à Wall Street

 

La crise boursière et financière aux États-Unis
 

Les Etats-Unis sont les premiers bénéficiaires de la guerre : leurs entreprises, les seules en état de fonctionner pleinement, profitent des énormes besoins de l’après-guerre, leur domination monétaire est établie, quant à leur rôle diplomatique, ils concurrencent désormais le Royaume-Uni et la France.
Pourtant, la croissance trop spéculative et trop libérale des années 20 s’avère fragile. Très vite, le pays connaît des problèmes économiques et sociaux. Le commerce américain se rétracte continûment depuis la fin de la guerre, au fur et à mesure que les économies européennes retrouvent leur niveau d’avant-guerre. La consommation interne ne parvient pas à compenser cette baisse. Le chômage ne cesse d’augmenter.

En août 1929, le relèvement des taux d’escompte qui déterminent le loyer de l’argent rend le crédit plus cher et provoque une baisse de la consommation, et donc de la production industrielle. La confiance des milieux d’affaires, lourdement affectée, entraîne des ventes massives d’actions et provoque le krach* de la Bourse de Wall Street, le 24 octobre 1929. Ce krach entraîne la ruine de nombreux petits épargnants et des banques qui leur avaient fait crédit, mais surtout plonge les Etats-Unis dans une crise économique de longue durée qui s’étend rapidement aux autres continents.

Le New Deal *, entrepris par le président Roosevelt à partir de 1933 est fortement contesté, mais parvient à enrayer partiellement la crise.

En raison du poids économique des Etats-Unis et des multiples échanges financiers et commerciaux entre les pays, la crise s’exporte à tous les pays du monde. Dans les jours qui suivent la débâcle boursière, les banques américaines menacées de faillite retirent les capitaux prêtés aux états étrangers. Contraintes de rembourser les banques américaines, de nombreuses banques européennes font à leur tour faillite, d'abord en Allemagne et en Europe centrale, puis en France et en Grande-Bretagne.

Glossaire:

Krach :

 

Effondrement des cours boursiers

New Deal :

 

Le terme New Deal, "nouvelle donne" désigne la période de 1933-39, pendant laquelle le président Roosevelt prend un certain nombre de mesures pour relancer l’économie américaine en favorisant notamment une intervention accrue de l’Etat dans l’économie pour en atténuer les déséquilibres (grands travaux).

1929-1939:

L'Allemagne nazie
 

La création du parti nazi:
 

A la chute du régime impérial, de nombreux groupes d’extrème-droite se formèrent. C’est à un de ces groupuscules que Adolf Hitler adhère en 1919. Responsable de propagande, puis président du petit Parti ouvrier allemand, devenu Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), il transforme ce dernier en un instrument d’encadrement de masses et de subversions politiques. Il impose le principe du chef unique et tout puissant, Führer-prinzip. Il le dote d’un drapeau rouge à croix gammée, d’un journal de propagande, d’une organisation paramilitaire, les Sections d’assaut (SA)…
Cependant le putsch manqué de Munich (1923) met pour un court moment un terme à son activisme. Mais dès 1925, Hitler réorganise le parti : il nomme des chefs nazis dans chaque région, crée des organisations pour embrigader les jeunes, s’entoure des brigades de protection (SS) qui font régner la terreur. En 1932, le Parti Nazi (contraction de Parti nationaliste-socialiste) est devenu le premier parti politique.

L'arrivée de Hitler au pouvoir:
 

Hitler parvient légalement au pouvoir sur fond de crise économique. Il profite de la désunion de la gauche (le parti communiste refuse de se lier aux socialistes) et des rivalités des autres mouvements nationalistes, mais il bénéficie surtout de l’appui des milieux affairistes conservateurs, qui voyaient en lui le dernier garant de l’ordre social face aux menaces de l’extrème-gauche.

Obtenant la majorité relative aux élections législatives de novembre 1932, Hitler refuse une majorité d’union. Le vieux maréchal Hindenburg, réélu à la présidence de 1932 cède à son entourage et l’appelle comme chancelier, le 30 janvier 1933. Pour asseoir sa position, Hitler obtient une dissolution et de nouvelles élections pour le mois de mars.

La campagne électorale se déroule dans un climat d’extrême violence. Accusant les communistes de l’incendie du Reichstag le 17 février 1933, le chancelier Hitler fait interdire partis et syndicats de gauche. Dans le même temps, se déroule une vague d’arrestations des opposants politiques, parfois menée illégalement par les milices. Le 23 mars, Hitler obtient les pleins pouvoirs pour quatre ans, avec l’appui des autres formations de droite y compris du parti catholique.

L'Allemagne mise au pas nazi:
 

L’opposition muselée, Hitler s’attaque à sa propre milice SA, formée essentiellement de chômeurs et de déclassés qui réclament une "seconde révolution". Au cours de la "nuit des longs couteaux", le 30 juin 1934, il fait éliminer par les SS les principaux chefs SA dissidents, ainsi que d’un certain nombre d’adversaires politiques. Armée et conservateurs sont ainsi rassurés. Un mois plus tard, à la mort de Hindenburg, Hitler peut cumuler les fonctions de chancelier et chef d’Etat (2 août 1934). Le IIIe Reich est né.

Le nazisme comme les autres mouvements fascistes, combat les valeurs de la démocratie libérale : individualisme, libéralisme auxquelles il oppose la primauté absolue de l’Etat, conduit par le Führer ("le chef"). Cependant le nazisme se distingue des autres régimes totalitaires par sa dimension raciste et raciale de l’histoire : il considère que le peuple allemand descend du peuple aryen*, "race supérieure", ce qui lui donnerait le droit de dominer le monde. C’est au nom de cette supériorité du peuple aryen que Hitler affirme dès 1924 la nécessité de conquérir pour l’Allemagne un "espace vital*". Et c’est de cette volonté obsessionnelle de préserver la race aryenne, que vont découler les politiques eugéniques* et surtout antisémites*.

Les lois de Nuremberg en 1935 excluent les Juifs de la nation. 1938 marque un renforcement des mesures antisémites : durant la "nuit de cristal", un pogrom* est organisé par les autorités.

Glossaire:

Aryen :

 

Le mot "aryen" découle de la francisation du terme sanskrit arya qui signifie "excellent, honorable". Il désigne des peuples ou des langues d’origine indo-européenne.
Par extension, des théoriciens racistes l'utilisent sans aucun fondement scientifique pour désigner une "race supérieure" ou "race pure".

Espace vital :

 

Pour les nazis, la conquête d’un "espace vital" doit procurer au peuple allemand, race supérieure, matières premières, terres et esclaves.

Antisémitisme :

 

Haine des juifs. A l’antijudaïsme d’origine religieuse vient se greffer à la fin du XIXe siècle des théories racistes particulièrement pernicieuses.

Eugénisme :

 

Ensemble de méthodes scientifiques ou pseudo-scientifiques qui visent à améliorer le patrimoine génétique de l’homme.

Pogrom :

 

Mot russe désignant des émeutes accompagnées de pillages et de meurtres contre une communauté juive.

Une crise à la française
 

L'installation de la crise économique:
 

Lorsque éclate le krach boursier de Wall Street, la France, avec son franc stabilisé en 1928 au cinquième de sa valeur de 1914 et ses records de production est convaincue de pouvoir échapper à la crise. Malheureusement son économie à dominante rurale et agricole et son industrie encore très artisanale et familiale ne sont pas assez compétitives dans un monde de plus en plus bon marché. Les premiers signes de la crise économique se font ressentir dès la fin de l’année 1930, mais la dépression ne s’installe véritablement qu’à partir de 1931 et atteint son paroxysme en 1935, alors que les autres pays vont mieux.

Face à la crise, des réponses mal adaptées:

Après une politique de largesses budgétaires, les gouvernements de gauche comme de droite qui se succèdent apportent des réponses mal adaptées à la situation. Afin de préserver le niveau du franc et de rétablir par tous les moyens l’équilibre budgétaire, ils pratiquent une politique protectionniste*, en contingentant les importations et une politique déflationniste, très impopulaire. Les prix baissent. Les décrets-lois* de Gaston Doumergue, en avril 1934, puis de Pierre Laval, en juillet 1935 réduisent le traitement des fonctionnaires, les retraites et même les pensions des anciens combattants, tandis que les impôts sont augmentés et que les commandes d’État sont diminuées.
Rien n’y fait, les faillites se multiplient chez les commerçants et les petits industriels. Le chômage, la chute des prix agricoles frappent durement les milieux ouvriers et paysans, ainsi que les classes moyennes.

Une crise de régime:

L’impuissance des gouvernements à faire face à la crise économique et la multiplication des scandales politico-financiers ravivent les sentiments antiparlementaristes* et alimentent les ligues d’extrême-droite. La découverte en janvier 1934 du corps de Stavisky (assassinat ou suicide), petit escroc lié à des élus radicaux provoque la démission du président du Conseil qui laisse la place à un autre radical, Daladier.
Le 6 février 1934, jour de l’investiture de Daladier, une manifestation d’anciens combattants modérés et des ligues d’extrême-droite tourne à l’émeute (15 morts et plusieurs centaines de blessés). Daladier démissionne, il savait son gouvernement contesté populairement. C’est un gouvernement d’union nationale contrôlé par la droite classique qui se met en place. Pour la première fois durant l’histoire de la IIIe République, un gouvernement légalement élu cède à la pression de la rue.
Le 12 février, partis et syndicats de gauche, qui redoutent l’avènement d’un régime fasciste en France à l’instar de ce qui vient de se passer en Allemagne, et quelques années plus tôt en Italie, organisent grève générale et contre-manifestation.

Vers une union de la gauche:

Après le choc du 6 février 1934, un groupe d’intellectuels de différents courants de gauche fonde le 3 mars 1934 le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. La gauche qui s'unit gagne les élections municipales de 1935.
Le 14 juillet 1935, le parti communiste, le parti socialiste (SFIO), le parti radical, la CGT et la CGTU*, le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, la Ligue des droits de l’Homme, ainsi que des associations de jeunesse, de paysans, d’anciens combattants se mobilisent lors une grande manifestation. Le 15 juillet 1935, un pacte d’unité et d’action est passé entre communistes, socialistes et radicaux : le Front populaire est né.

En janvier 1936, à la veille des élections législatives, les trois partis de gauche ratifient le programme du Rassemblement populaire "pour le pain, la paix et la liberté", auquel le Comité de vigilance antifasciste et la CGT réunifiée donnent leur appui.

Glossaire:

Protectionnisme :

 

Politique économique visant à protéger le marché intérieur de la concurrence étrangère en élevant les barrières douanières.

Décret-lois :

 

Décret qui est pris par un gouvernement sans que l’Assemblée est votée et qui a force de loi.

Antiparlementarisme :

 

Mouvement d’opinion hostile au régime parlementaire, qui favoriserait la corruption et l’instabilité ministérielle.

CGTU :

 

La confédération générale du travail unitaire est le mouvement résultant de la scission provoquée au congrès de Tours en 1922 entre les réformistes majoritaires (CGT) et les révolutionnaires (CGTU).

1930:

Jean Zay est élu vice-président de la Fédération
des jeunesses laïques et républicaines

 

8 mai 1932:

Elu député radical de la première circonscription du Loiret

 

30 janvier 1933:
Hitler est nommé
Chancelier du Reich

6 février 1934:
Les ligues font céder
le gouvernement Daladier.

3 mars 1934:
Création du comité de Vigilance
des intellectuels antifascistes

30 juin 1934:
Nuit des Longs couteaux en Allemagne

 

25 juillet 1934:
Tentative de putsch nazi en Autriche

La guerre d’Éthiopie

Dès son arrivée au pouvoir, Mussolini prône une politique expansionniste. Il rêve de retrouver l'Empire romain de l’Antiquité, retrouvé. Il multiplie les revendications en Méditerranée et ne manque pas de dénoncer le traité de Versailles. Dès 1926, il interdit l’émigration et instaure une politique nataliste destinée à pourvoir une armée à hauteur de ses ambitions militaires. En 1934, il envoie des troupes sur la frontière du Nord pour faire échouer une tentative de putsch nazi en Autriche et se rapproche ainsi des démocraties libérales. Cependant la conquête de l’Éthiopie marque une rupture avec les démocraties.

Sous prétexte d’un incident frontalier survenu un an plus tôt, le 3 octobre 1935, l’Italie envahit à partir de ses bases coloniales de l'Erythrée et de la Somalie, l’Éthiopie, dernière nation indépendante d’Afrique. Après quelques mois de combats inégaux, les Italiens pénètrent à Addis-Abéda (la capitale) en mai 1936. L’Éthiopie est alors annexée au royaume d’Italie et le roi d'Italie, Victor-Emmanuel III, s'en proclame empereur.
La SDN*, dont l’Éthiopie est pays membre condamne l’Italie dès le début de l’agression. Elle demande à la France et à l’Angleterre (qui possèdent eux-mêmes un immense Empire colonial) d’appliquer des sanctions économiques, mais les sanctions ne seront jamais vraiment appliquées par ces nations qui répugnent à se brouiller avec Mussolini. Le 4 juillet 1936, la SDN lève les sanctions.
Déçu par le comportement des Occidentaux et se sentant mis au ban des Nations, Mussolini se rapproche d’Hitler. Fort de la "neutralité" du Duce, Hitler remilitarise la Rhénanie le 7 mars 1936.

Le 11 décembre de l’année suivante, l’Italie se retire de la SDN.

Glossaire:

SDN :

 

Société des Nations (1920).
 

7 mars 1936:
Hitler remilitarise la Rhénamie

3 mai 1936:
Victoire du Front Populaire, grèves

Réélection de Jean Zay dans la première circonscription du Loiret

4 juin 1936:
Léon Blum le nomme ministre
de l'Education nationale et des Beaux Arts.

 

7 Juin 1936:
Accords de Matignon

18 juillet 1936:
Soulèvement militaire
contre la République Espagnole.

13 février 1937:
Blum annonce une pause dans les réformes.

13 mars 1938:
Les nazis envahissent l'Autriche
et proclament l'Anschluss.

10 avril 1938:
Daladier ouvre aux modérés un gouvernement sans socialiste.

30 septembre 1938:
Les accords de Munich livrent
la Tchécoslovaquie à Hitler.

 

30 novembre 1938:
L'échec de la grève marque la fin du Front populaire.

La guerre d'Espagne

Depuis 1931, l’Espagne était dirigée par un régime parlementaire* instable. En février 1936, le Front populaire remporte les élections face au centre et au Front national (droite) jusqu’à présent au pouvoir.
Durant l’été 1936, une rébellion militaire, dont le général Franco prend la tête éclate au Maroc espagnol au nom de la défense des valeurs de "l’Espagne éternelle" et gagne le continent. L’Espagne s’enfonce dans une violente guerre civile qui oppose les républicains, démocratiquement élus et les nationalistes putschistes (ou franquistes).

Après les premiers combats, les républicains comme les nationalistes réclamèrent de l’aide à l’étranger. Les démocraties, inquiètes de la présence des brigades internationales du Kominterm* au côté des républicains, restent sur leur statu quo, tandis que Hitler et Mussolini apportent une aide précieuse à Franco. L’accord de non-intervention, dont Léon Blum avait pris l’initiative en août 1936 ne sera pas respecté par Mussolini, pourtant signataire. Le matériel que fera passer Blum aux républicains, et surtout l’arrivée de brigades internationales suscitées par l’URSS ne parviendront pas à rétablir l’équilibre. Franco est victorieux : Madrid tombe le 1er septembre 1939.

Ce conflit est le premier épisode durant lequel vont s’affronter en Europe, les dictatures fascistes et les démocraties. Il scelle le rapprochement des dictatures, ce qui se concrétisera par des alliances : l’Axe Rome-Berlin (1936), puis le pacte anti-Komintern* qui annoncent l’alliance entre l’Allemagne, l’Italie et le Japon. Il augure également des atrocités qui séviront durant la deuxième guerre. Hitler en effet profita de ce conflit pour expérimenter l’efficacité des raids de terreur contre les populations civiles, notamment à Guernica bombardée le 27 avril 1937.

Glossaire:

Régime parlementaire :

 

Régime politique dans lequel le gouvernement est responsable devant le parlement, donc obligé de démissionner en cas de vote défavorable de celui-ci. En contre-pouvoir, il peut dissoudre le Parlement. Cela fait souvent des régimes instables.

Komintern :

 

Terme russe désignant l’Internationale communiste ou IIIe Internationale, créée en 1919 par les Bolchéviques pour regrouper les mouvements communistes et soutenir les mouvements révolutionnaires.

Pacte anti-Komintern :

 

Le 25 novembre 1936, l’Allemagne et le Japon signent un pacte idéologique qui prévoit de lutter contre l’Internationale communiste et non contre l’URSS. L’Italie et la Hongrie y adhèrent en 1937, et l’Espagne en 1938.

Le Front populaire
 

La victoire du Front populaire:
 

Le Front Populaire est une coalition électorale entre les radicaux*, les socialistes* et les communistes*.
Au milieu des années 30, la gauche se mobilise pour deux raisons : la peur de la montée de l’extrême-droite et les nouvelles orientations du Komintern, énoncées par le parti communiste français qui abandonne la ligne "classe contre classe" pour celle du Front Populaire. Moscou demande aux partis communistes de faire alliance avec les bourgeoisies nationales contre le fascisme. Cette politique produira des fronts populaires dans d’autres pays du monde, comme en Espagne.

Le 3 mai 1936, la coalition du Front Populaire gagne les élections : 376 sièges contre 222 à l’opposition. Léon Blum est appelé à former un gouvernement qui ne comprend que des ministres socialistes et radicaux. En effet, les communistes refusent d’y participer, mais promettent leur soutien. Pour la première fois de son histoire, la France a un gouvernement socialiste.

A la victoire du Front Populaire succède une vague de grèves qui s’étend à toute la France et qui touche tous les secteurs d’activité, à l’exception des services publics. Ces grèves, parties spontanément de la base traduisent l’impatience des travailleurs à voir aboutir leurs revendications. Le mouvement de 1936 présente un fait nouveau : l’occupation des usines par les ouvriers. Ce phénomène inquiète vivement le patronat qui sollicite l’arbitrage du gouvernement.

Les accords de Matignon:

Délégués patronaux et syndicaux se réunissent autour d’une table, le 7 juin à l’hôtel Matignon. Dans la nuit, seront signés les accords Matignon qui prévoient le respect de la liberté syndicale, l’absence de sanctions contre les grévistes, l’élection de délégués du personnel, ainsi que des augmentations de salaire. Au cours de l’été, une série de lois sociales viennent compléter ces accords : application des conventions collectives, la semaine de 40 h (au lieu de 48), deux semaines de congés payés par an, prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, développement des activités de sport et de loisirs…
Pour remédier à la crise, le gouvernement engage un plan de grands travaux et soutient les prix agricoles (création de l’Office du blé). Cette politique interventionniste s’accompagne de nationalisations : Banque de France, SNCF et industries de guerre. Ces mesures, inspirées du New Deal* américain sont perçues comme révolutionnaires par le patronat.

Le 13 février 1937, afin de rassurer les milieux d’affaires, Blum annonce une "pause" dans la politique de réforme sociale.

La montée des oppositions:

Les mesures de relance ne font qu’aggraver le déficit budgétaire et entraînent une inflation qui oblige le gouvernement à dévaluer le franc en septembre. Malheureusement, cette dévaluation destinée à stimuler les exportations et à enrayer la fuite des capitaux s’avère inefficace. La reprise attendue ne vient pas. Cet échec provoque le désenchantement de ceux qui avaient cru dans le Front Populaire.
L’extrême-droite, un temps affaiblie se reforme, agitant le spectre du communisme. Sa presse multiplie les accusations personnelles contre les membres du gouvernement. Léon Blum subit des injures antisémites, tandis que Roger Salengro, ministre de l’Intérieur est accusé de désertion pendant la guerre de 14 ; il se suicidera en novembre 1936.
Mais l’échec du gouvernement s’explique surtout par les dissensions internes. L’extrême-gauche critique la non-intervention dans la guerre civile qui touche l'Espagne. Sous la pression des radicaux et des conservateurs britanniques, Léon Blum préconise en effet la "non-intervention" et négocie dans ce sens en août 1936 auprès des principales puissances européennes des deux camps. Allemagne et Italie enfreindront cet accord et armeront les franquistes.

Le 22 juin 1937, Léon Blum préfère démissionner quand le Sénat lui refuse les pleins pouvoirs financiers et économiques.

Glossaire:

Radicalisme :

 

Courant politique qui propose une politique de réforme en faveur de la laïcité, de la liberté et de l’égalité.

Socialisme :

 

Doctrine ou mouvement politique qui dénonce les abus du capitalisme libéral. Il vise à la réduction des inégalités sociales et à une meilleure répartition des richesses entre les hommes.

Communisme :

 

Doctrine ou mouvement politique, qui a pour projet la collectivisation des moyens de productions à la répartition des biens matériels. La notions de propriété privée et de classes sociales disparaît.
 

1939-1945:

La guerre d'Hitler
 

La crise polonaise:
 

En mars 1939, quelques mois après la conférence de Munich, Hitler revendique officiellement le couloir de Dantzig qui plaçait des populations d’origine allemande sous autorité polonaise, et surtout séparait l’Allemagne en deux territoires. Les Occidentaux prenant de plus en plus conscience de la menace nazie annoncent clairement qu’ils interviendront en cas d’attaque de la Pologne.
Afin d’éviter une guerre sur deux fronts, à l’Est avec l’Union Soviétique et à l’Ouest avec la conquête de la Pologne et de la France, Hitler signe un pacte de non-agression avec l’URSS, comportant des clauses secrètes qui prévoient le partage de la Pologne.

Le 1er septembre 1939, la Wehrmacht* envahit la Pologne, tandis que l'Armée rouge occupe l'Est du pays et la Finlande, conformément aux clauses secrètes du pacte germano-soviétique. La Pologne vaincue est partagée une nouvelle fois et sa population vassalisée. Faute d’obtenir le retrait des troupes allemandes, le Royaume-Uni et la France déclarent la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939, mais ne contre-attaquent pas. Face à la guerre offensive d’Hitler, ils opposent une stratégie défensive et passive : c’est la "drôle de guerre*", l’attente derrière la ligne Maginot*.
Une opération militaire "Route du fer" est cependant engagée en Norvège pour priver l’Allemagne du minerai de fer suédois. Hitler réplique, en avril 1941, par l’invasion du Danemark et de la Norvège. En trois semaines, l’Allemagne contrôle toute la Baltique.

L'extension de la guerre:

L’offensive de la Wehrmacht sur le Front Ouest est déclenchée le 10 mai 1940. Hitler envahit les Pays-Bas et la Belgique, ce qui attire les troupes alliées à leur secours, tandis que l’attaque principale est conduite à Sedan dans les Ardennes, là où s'arrête la ligne Maginot. C’est la débâcle militaire. Prises en étau dans la poche de Dunkerque, quelques troupes rembarquent dans des conditions dramatiques vers le Royaume-Uni.
Les armées françaises ne parviennent pas à établir une ligne de résistance sur la Somme. Le gouvernement se réfugie à Bordeaux. Les Allemands entrent à Paris le 14 juin. Le 17 juin, le gouvernement français demande l'armistice, qui est signé le 22, alors qu'il s'était engagé envers le Royaume-Uni à ne pas faire de paix séparée. Le Royaume-Uni se retrouve seul face à l'Allemagne.
Afin de préparer le débarquement sur les Iles Britanniques, Hitler inflige des bombardements incessants sur Londres et ses environs. Winston Churchill, Premier ministre et ministre de la défense du Royaume-Uni refuse toutes négociations avec l’ennemi. Les chasseurs de la Royal Air Force, aidés des premiers radars, tiennent tête et gagnent la bataille d’Angleterre. Londres devient alors la capitale du monde libre et un refuge pour le gouvernement français en exil.

La guerre s’étend, elle devient sous-marine avec la bataille de l’Atlantique et gagne l’Afrique. Les Italiens entrés en guerre en juin 1940 passent à l’offensive dans les zones d’influence britanniques (Soudan, Egypte, Kenya), mais sont rapidement repoussés au-delà de leur base de départ. Hitler réplique en envoyant le général Rommel en Afrique à la tête de l’afrikakorps*.

Le 21 juin 1941, Hitler lance la Wehrmacht à l'assaut de la Russie soviétique. Il espère l'abattre par une guerre éclair comme la France. Mais les Russes reculent sans désordre. L'hiver arrive alors que les Allemands sont devant Moscou et Leningrad, mais ils n'ont pas vaincu l'armée russe qui, elle est prète pour l'hiver.

Glossaire:

Wehrmacht :

 

Armée allemande.

Drôle de guerre :

 

Ce terme vient d’une traduction malencontreuse de l’expression d’un journaliste anglais qui qualifia cette guerre sans combat de "plaisanterie".

Ligne Maginot :

 

Système de fortifications construites à partir de 1930 à l’instigation du ministre de la guerre, André Maginot. Elle s’étend le long de la frontière de la France avec l'Allemagne (sauf le long du Rhin) pour protéger le pays d’une attaque allemande.

Afrikakorps :

 

Corps expéditionnaire allemand envoyé en Afrique à partir de février 1941.

La France de nouveau en guerre

A la veille de la guerre:
 

Le gouvernement que forme Daladier, chef du parti radical en avril 1938 marque la fin du Front Populaire. Sans qu’il y ait eu la moindre élection, la chambre des députés bascule : c’est désormais une majorité d’union nationale associant les radicaux et la droite modérée qui gouverne la France.
Secondé par son ministre des finances Paul Reynaud, farouche adversaire du Front Populaire, Daladier procède à une nouvelle dévaluation du franc et augmente les impôts. Bien décidé à "remettre la France au travail", il pratique une politique de décrets-lois qui efface les acquis du Front Populaire. C’en est fini des 40 heures : la durée légale du travail est de nouveau fixée à 48 heures. Les grèves de novembre 1938 ne changeront rien et seront au contraire violemment réprimées. La politique de réarmement s'intensifie.

Mais ce qui inquiète surtout les Français, c’est le danger extérieur. Face aux coups de force de Hitler, la France s’aligne avec le Royaume-Uni qui prône une politique d’apaisement vis-à-vis des dictatures fascistes. Les Français, traumatisés par le souvenir de la Grande Guerre adoptent dans leur grande majorité une attitude pacifiste. C’est pourquoi la ratification des accords de Munich par Daladier est perçue comme un soulagement. Lorsque la France déclare la guerre à l’Allemagne en septembre 1939, c’est contrainte et résignée. Elle adopte d’ailleurs une stratégie exclusivement défensive et travaille efficacement à combler son retard sur l'Allemagne en chars d'assaut et en avions. C’est la "drôle de guerre" : les troupes, mobilisées à l'abri de la ligne Maginot attendent.

La déroute de l'été 1940:
 

L’armée française, pas du tout préparée à la guerre éclair d’Hitler se laisse surprendre au Nord par l’offensive allemande. En avril 1940, les Pays-Bas et la Belgique sont attaqués. Le 10 mai, la Wehrmacht contre toute attente perce le front français à Sedan, passant par les Ardennes, où s'arrête la ligne Maginot. Profitant de l’effet de surprise, l’avancée des troupes allemandes est fulgurante.
Dés le 12 mai 1940, la déroute des armées s’accompagne d’un mouvement de panique des populations civiles qui fuient l’avancée des Allemands vers le Sud. Près de 8 millions de personnes prennent le chemin de l’exode dans une atmosphère de chaos.
Paris tombe le 12 juin, alors que le gouvernement s’est replié à Bordeaux.

Deux camps s’opposent : ceux qui sont partisans d'un armistice avec l'Allemagne comme le Maréchal Pétain et son entourage, et ceux qui veulent continuer la guerre comme le général de Gaulle et un certains nombre de parlementaires qui s'embarquent sur le Massilia, refusant l'armistice. Le 17 juin 1940, Pétain succède à Paul Reynaud, président du Conseil et demande aussitôt l'armistice. Le lendemain à Londres, de Gaulle lance un appel pour continuer le combat.

La mort de la IIIe République:
 

Le 22 juin 1940, l’armistice franco-allemand est signé à Rethondes. Le texte fixe des conditions très lourdes. L’indépendance de la France est reconnue et son empire colonial sauvegardé, mais le pays est coupé en deux par une ligne de démarcation : le Nord est occupé par les Allemands, le Sud, gouverné par Pétain. Les rapports entre la France et l’Allemagne demeureront flous, car l’armistice ne fut jamais suivi d’un traité de paix.

Le 1er juillet, les pouvoirs publics s’installent en zone "libre" à Vichy. Le 10 juillet, une Assemblée nationale, réunissant députés et sénateurs vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, seuls 80 des parlementaires présents s'y opposent. C’en est fini de la IIIe République. Les députés communistes ont été exclus de cette assemblée : considérés comme des traîtres à la suite du pacte germano-soviétique, ils ont été déchus de leur mandat en janvier 1940 et internés. Quant aux députés embarqués sur le paquebot Massilia en direction de l’Afrique du Nord, pris au piège, ils sont retenus au Maroc.
A 84 ans, Pétain, le très populaire héros de Verdun instaure un nouveau régime, appelé "Etat français" qui peut être assimilé à une dictature.

L'Europe sous la domination nazie
 

La mort de la IIIe République:
 

En 1942, Hitler contrôle la majeure partie de l’Europe continentale.
L’organisation de L’Europe nazie répond à une vision raciste du monde. En fonction de leur plus ou moins grande parenté à la soi-disant race "aryenne*", les populations européennes possèdent des statuts administratifs qui leur laissent une plus ou moins grande autonomie.

Ainsi les régions dites germaniques, comme la Pologne occidentale, la Slovénie ou l’Alsace et la Lorraine sont annexées et germanisées*. Les régions ou les pays plus ou moins germaniques comme la Norvège, les Pays Bas et le Danemark sont associés au Reich, parfois administrés à titre provisoire par les autorités allemandes comme la Belgique ou le Nord de la France. Les pays latins sont tolérés dans la "nouvelle Europe" quand ils collaborent. D'autres états (Hongrie, Roumanie, Bulgarie et même l’Italie de 43) deviennent des satellites du Reich allemand. Enfin, les pays slaves d’Europe de l’Est deviennent des territoires de colonisation. Ils font l’objet d'atrocités multiples, d’un pillage intensif et d’une exploitation sans pitié de la main d’œuvre, comme en Pologne.

Mais dans cette économie de guerre dévorante, tous les pays contrôlés par l’Allemagne, quel que soit leur statut participent à l’effort de guerre, les prélèvements sur les ressources locales se faisant de plus en plus pesant au fur et à mesure de l’avancée du conflit.

Répression et extermination:
 

L’idéologie nazie, obsédée par l’idée de pureté raciale trouve sa forme la plus achevée dans l’organisation de camps.
Dès 1933, les nazis avaient créé des camps de concentration. Leur nombre se multiplia à mesure que la répression s’organisait. Ces camps, destinés en premier lieu à recevoir des "politiques" accueillirent en nombre grandissant juifs, tziganes, homosexuels, témoins de Jéhovah… considérés comme des "sous-hommes", bientôt rejoints, pendant la guerre par des résistants de toute l’Europe. Dans ces camps de concentration, les prisonniers étaient conduits lentement à la mort par le travail et les mauvais traitements.
A partir de 1941, avec l’invasion de l’URSS, s’engage une lutte acharnée contre les "judéo-bolchéviques". De véritables massacres sont perpétrés par des "groupes d’intervention", sur les partisans communistes avant de s’étendre à tous les juifs. En quelques mois, 800 000 juifs sont éliminés.
Durant l’été de cette même année, les nazis décident d’étendre la politique d’extermination à tous les juifs d’Europe. Six camps d’extermination, véritables "usines à tuer" sont mis en place sur le territoire polonais. En janvier 1942, le génocide des juifs est froidement programmé, dans ce que les nazis vont appeler la "solution finale". Les cadres nazis mettent sur pied une organisation de type industriel qui va aboutir à l'extermination en moins de quatre ans d'un total de 6 millions d'êtres humains.

 

La collaboration:
 

Certains pays, convaincus de la victoire de l’Allemagne sur l’Europe voient dans leur intérêt de collaborer avec le IIIe Reich. Cette collaboration revêt des formes variées : économique, politique, policière ou militaire. Elle est envisagée comme un moyen d’atténuer les rigueurs de l’occupation, en s’assurant les bonnes grâces de l’occupant, mais parfois aussi dans l’objectif d’obtenir une bonne place dans le prochain « ordre nouveau européen ». Hitler favorise cette collaboration des Etats, afin d’épargner à l’Allemagne les charges d’une administration directe. Elle lui permet de s’appuyer sur des autorités légales, souvent soutenues par la majorité de la population locale.

Les discours de Hitler trouvent des échos directement auprès des mouvements fascistes locaux. Minoritaires dans leur pays, ces collaborationnistes anticommunistes et antisémites servent surtout de moyen de pression sur les populations et même sur les gouvernements.
La collaboration est parfois également, le fait d’initiatives individuelles, on parlera alors plus de collaborateurs. Elle se traduit par la dénonciation de juifs, de francs-maçons, de communistes ou de résistants... ou par la coopération économique et financière d’industriels.

La résistance:
 

L’occupation allemande suscite des mouvements de résistance. Quelques hommes et femmes, animés par le patriotisme et des idées antifascistes entrent dans la lutte clandestine et armée. La radicalisation de la politique nazie en 1942 vient augmenter les rangs de la résistance qui s’organise alors en réseau. Elle prend diverses formes : réseaux de renseignement, sabotages, filières d’évasion, mais aussi propagande par la presse clandestine. Elle se transforme parfois en véritables armées clandestines, particulièrement en Europe de l’Est. Des partisans parviennent à libérer eux-même la Yougoslavie et l’Albanie avant l’arrivée de l’armée rouge.

Ces mouvements s’appuient sur la résistance extérieure. En effet, les gouvernements polonais, hollandais, luxembourgeois, mais aussi des individus comme le général de Gaulle, réfugiés à Londres cherchent à organiser les moyens humains et financiers pour lutter contre l’occupant.

Après son appel à poursuivre la guerre, lancé à la radio de Londres le 18 juin 1940, le général de Gaulle obtient le ralliement de l'Afrique Équatoriale Française. Il forme une armée qui soutient efficacement les Britanniques dans la défense de l’Égypte. Modestement, la France rentre ainsi dans la guerre.

Glossaire:

Aryen :

 

Le mot "aryen" découle de la francisation du terme sanskrit arya qui signifie “excellent, honorable“. Il désigne des peuples ou des langues d’origine indo-européenne.
Par extension, des théoriciens racistes s’appuient sans aucun fondement scientifique pour désigner une “race supérieure“ ou “race pure“.

Germanisation :

 

Expulsion des populations non-germaniques, implantation de colons allemands, administration dirigée par des fonctionnaires du Reich, obligation de parler allemand …

3 septembre 1939:
La Grande Bretagne et la France
déclarent la guerre au Reich

Jean Zay démissionne du gouvernement
afin de pouvoir s'engager.

20 juin 1939:
Il s'embarque sur le Massilia avec
27 parlementaires pour continuer
la guerre en Afrique du Nord.

 

16 août 1939:
Il est arrêté et transféré à
Clermont-Ferrand pour abandon
de poste et désertion.

4 octobre 1940:
Condamnation de Jean Zay
à la déportation et à la dégradation militaire.

13 mai 1940:
Percée allemande à Sedan

16 juin 1940:
Pétain Président du Conseil

22 Juin 1940:
Signature de l'armistice franco-allemand à Rethondes

10 juillet 1940:
L'assemblée donne les pleins pouvoirs à Pétain.

3 octobre 1940:
Statut des Juifs signés par Pétain

22 juin 1941:
L'Allemagne envahit l'URSS

14 novembre 1942:
Les Allemands envahissent la zone Sud.

La mondialisation du conflit
 

Les États-Unis dans un premier temps se tiennent à l’écart des évènements européens. Le président Roosevelt, pourtant hostile aux dictatures fascistes devait tenir compte de l’opinion publique américaine, qui était alors assez défavorable à une entrée en guerre. Cependant dès mars  1941, par le vote de la loi prêt-bail*, les États-Unis apportent leur soutien au Royaume-Uni.

Les Japonais ont entrepris de construire un grand empire. Ils ont conquis la Corée. En 1937, ils ont attaqué la Chine, pris Pékin, Shanghai, Nankin, la Birmanie, l'Indonésie. Cela suppose qu'ils aient la maîtrise des mers. Les États-Unis n'ont pas l'intention de la laisser faire. Pour prendre un avantage qu'ils croient décisif, le 7 décembre 1941, les Japonais attaquent par surprise la base américaine de Pearl Harbor dans les îles Hawaï, détruisant une grande partie de la flotte américaine dans le Pacifique. Cela a pour conséquence l’entrée en guerre des États-Unis. Le lendemain de l’attaque, ils déclarent la guerre au Japon et à l'Allemagne, ils entrent en guerre contre l’Allemagne, le 11 décembre. Les conditions de la grande alliance sont réunies.

Désormais deux camps s’opposent d’un côté les puissances de l’Axe, celles des dictatures fascistes et de l’autre côté, les états de la Grande Alliance et les mouvements de résistance.
Sur l’initiative de Roosevelt et de Churchill, la Charte de l’Atlantique à l’origine de la charte des Nations Unies est ratifiée début  1942 par 26 pays en guerre contre l'Allemagne, dont l’URSS qui réintègre ainsi le concert des nations. Le prêt-bail, initialement prévu pour soutenir le Royaume-Uni est étendu à l’URSS. Des envois massifs de matériel américain permettent à l'armée rouge de se réorganiser pour affronter la reprise des combats au sortir de l'hiver 1941-42.

Glossaire:

Loi prêt-bail :


Loi votée par le Congrès américain, qui prévoit à son origine la mise à disposition de matériels militaires au Royaume-Uni, payable après guerre. Par la suite, cette vente à crédit s’étendra aux pays alliés.

13 janvier 1943:
Création de la Milice

La reconquête des Alliés : 1942 -1945
 

La guerre à l'Est:
 

Hitler lance une grande offensive vers le Caucase, grand centre industriel et pétrolier de l’URSS, mais contre toute attente, il se heurte à une résistance farouche des Soviétiques à Stalingrad. Malgré l’opposition de son entourage, il exige de ses troupes de conserver la place par tous les moyens. Néanmoins, l’armée allemande encerclée et affamée capitule le 2 février 1943. Cette première grande défaite a un retentissement considérable sur le moral des belligérants des deux camps.
Dès lors, les Soviétiques reconquièrent lentement tout le territoire qu'ils avaient dû abandonner et ils poursuivent leur poussée au-delà de leur territoire. Ils libèrent la Lituanie, la Roumanie, la Bulgarie et pénètrent en Pologne en juillet 1944. Parallèlement, les Britanniques délivrent la Grèce.

Les débarquements:
 

En novembre 1942, commence l’opération Torsh : Les Alliés débarquent en Afrique du Nord et liquident les forces de l’Axe.
A partir de l’été 1943, a lieu le débarquement en Italie qui est conquise par le Sud. La capitulation italienne en septembre 1943 n’améliore en rien l’avancée des forces qui se confrontent à une contre-offensive allemande. La Péninsule ne sera complètement libérée qu’en mai 1945.

En novembre 1943, lors de la conférence de Téhéran, Roosevelt, Churchill et Staline pour la première fois réunis décident l’ouverture d’un second front à l’Ouest. Staline réclamait ce second front afin de soulager l’URSS de la pression militaire qu’elle était seule à supporter à l’Est. Ce sera le débarquement en Normandie le 6 juin 1944, prélude à la libération de l’Europe. Le 15  août 1944, un second débarquement en Provence accélère la retraite allemande. Paris se soulève à l'approche des alliés. L'armée du général Leclerc y entre le 25 août. La France est presque totalement libérée en octobre.

A l’Ouest, les Alliés franchissent le Rhin, tandis que les Anglo-américains intensifient les bombardements sur les grandes villes allemandes, afin de détruire l’appareil industriel et miner le moral des populations. L’armée rouge quant à elle avance sur Berlin : Américains et Soviétiques font leur jonction sur l’Elbe.
Le 30 avril, Hitler se suicide. Le 8 mai à Berlin, l’Allemagne capitule sans conditions.

La capitulation du Japon:
 

Dans le Pacifique, deux batailles navales, où les portes-avions jouent un grand rôle dans la mer de Corail en mai 1942 et à Midway en juin 1942 stoppent l’avancée japonaise. L’armée américaine s’empare un à un des archipels détenus par les Japonais, mais ces derniers tiennent encore fermement leurs positions en Chine et en Asie du Sud-Est.
Le président Truman, afin d’abréger la guerre qui pourrait s’avérer longue et coûteuse prend la lourde décision d’employer une arme nouvelle  : la bombe atomique. Le 6 août 1945, la première bombe atomique est lâchée sur Hiroshima ; une autre suivra sur Nagasaki le 9 août. Le gouvernement japonais capitule le 14 août 1945.

6 juin 1944:
Débarquement des Alliés en Normandie

 

20 juin 1944:
Jean Zay est enlevé de la prison de Riom par trois miliciens et abattu dans un bois
près de Vichy.

La France occupée
Installation d’un régime autoritaire

 

Le maréchal Pétain élabore lui-même une nouvelle Constitution* qui lui donne les pleins pouvoirs, pleins pouvoirs qu’il obtiendra légalement le 10 juillet 1940. En réaction au régime de la IIIe République qu’il rend responsable de la décadence sociale et morale de la France et de sa dénatalité, il veut redonner au pays un régime fort. Il met ainsi en place un régime quasi-monarchiste où tous les contre-pouvoirs sont éliminés, et érige autour de sa personne un véritable culte de la personnalité.
Le gouvernement de Vichy prétend mener une "révolution nationale", mais cette politique ne recouvrit jamais un contenu idéologique très clair, malgré la devise officielle : "Travail, Famille, Patrie". Elle repose en fait sur un programme traditionaliste, où sont valorisées les anciennes valeurs communautaires que sont la famille, la patrie et le travail. La famille devient donc la cellule sur laquelle repose le nouvel ordre social, tandis que l’Église rétablie dans ses privilèges, est érigée comme garante des valeurs morales, mais la population résiste cependant aux tentatives d'embrigadement de la jeunesse. Les paysans sont encadrés dans une "corporation" ; une charte du travail organise des syndicats uniques et prétend en finir avec la lutte des classes. Au nom de la communauté nationale, le régime de Vichy rejette tous ceux qu’il assimile à l’anti-France : chasse aux naturalisés récents, communistes, juifs, francs-maçons…

Le choix de la collaboration:

Pierre Laval entraîne la France dans la collaboration avec l’Allemagne. Pétain choisit la collaboration dans l’idée d’obtenir pour la France une place avantageuse dans le "nouvel ordre" européen, mais refusera de signer la paix et d’entrer en guerre contre l’Angleterre. La collaboration de l’État français est scellée à Montoire, le 24 octobre 1940, par sa poignée de main avec Hitler. Elle se traduit par une collaboration économique (livraison de matières premières au Reich), policière (répression contre les attentats perpétrés contre les Allemands), militaire (mise à disposition de matériel et de légions volontaires) et administrative (l’administration, mise au service de l’occupant).
A partir de 1942, la collaboration s’accélère. A la suite d'accords conclus entre les autorités de Vichy et le nazis, la police parisienne procède à des rafles et collabore à la déportation de Juifs, parqués dans des camps français.

Le 11 novembre 1942, le régime de la zone Nord est étendu à la zone "libre" envahie par les Allemands, qui ripostent ainsi au débarquement allié en Afrique du Nord. Le régime de Vichy devient un État vassal de l’Allemagne nazie. La Milice, créée en janvier 1943 poursuit tous les opposants et mouvements de résistance. En février 1943, le STO, Service du travail obligatoire mobilise les jeunes hommes de 20 à 23 ans pour travailler dans les entreprises allemandes, tandis que la collaboration industrielle est intensifiée.

La résistance:

La résistance extérieure est née de l’appel du 18 juin 1940, lancé par le général de Gaulle à la BBC, invitant les Français à poursuivre le combat. Avec le soutien du gouvernement britannique, le général de Gaulle organise la France libre* et fait entendre sa voix sur le continent. Une poignée de combattants rejoignent ainsi Londres et les Forces Françaises Libres (FFL).
Dans la France occupée, comme en zone libre, la résistance intérieure d’abord le fait d’individu isolé se développe doucement et s’organise à partir de la France libre. L’invasion de la zone sud aura un lourd impact sur le moral des Français, de nombreuses protestations se feront entendre. Les réfractaires au STO viendront gonfler ses rangs en 1943, mais la résistance jusqu’en 1944 restera un phénomène marginal. Elle aura néanmoins par son travail de sabotage et de renseignements un rôle très important dans le débarquement de Normandie.

Glossaire:

Constitution:


Ensemble des lois fondamentales qui établissent la forme du gouvernement d’un pays et règlent les rapports entre gouvernants et gouvernés.

France libre:


La France libre regroupe sous l’autorité du général de Gaulle les troupes, les colonies et tous ceux qui ont rejoint Londres. En 1941, Churchill reconnaît de Gaulle comme "Chef des Français libres".

22 septembre 1946:
Le corps de Jean zay est retrouvé par hasard par des chasseurs.

La Libération

A partir de juin 1943, Alger devient après Londres le centre politique de la résistance extérieure française. C’est à Alger que de Gaulle prépare la libération de la France et surtout son avenir politique et diplomatique. Il se réclame des valeurs de la république et de la démocratie en opposition avec le régime de Vichy. Il considérera toujours que le vote du 10 juillet 1940, donnant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain était nul et non avenu et que l’État français républicain avait survécu à Londres et à Alger, à travers la France libre.
Les mouvements de résistance intérieure, qui se fédèrent sous l'action de son représentant, Jean Moulin, forment le Conseil National de la Résistance et reconnaissent son autorité. A la veille du débarquement, le Comité français de libération nationale (CFLN) prend l’appellation de Gouvernement provisoire de la République française. Une Assemblée consultative provisoire est constituée. De cette manière, de Gaulle affirme l’indépendance de la France vis à vis des Alliés et s’oppose ainsi à la volonté américaine de mettre en place une administration provisoire en France.

Le 6 juin 1944, les forces alliées débarquent en Normandie, puis en Provence le 15 août. Elles sont soutenues par les FFI* qui retardent par tous les moyens les renforts allemands. Des villes sont ainsi libérées par des résistants, sortis du maquis.
Paris, insurgé, est libéré le 25 août 1944. Le régime de Vichy s’écroule. Pétain et ses ministres s’enfuient vers l’Allemagne d’où ils ne reviendront que pour être jugés. De Gaulle installe alors un gouvernement provisoire dans la capitale. Considérant que l’État français n’a cessé d’exister, il entend rétablir l’ordre républicain, en s’appuyant sur l’Assemblée constitutive créée à Alger en 1943. Contre toute attente, il réussit à s’imposer face aux comités locaux de résistance et aux Américains qui ne l’entendaient pas de cette façon, et écarte la menace d’une éventuelle prise de pouvoir par les communistes, nombreux dans les mouvements de résistance.

Pour affirmer la souveraineté retrouvée de la France, le gouvernement provisoire engage l’armée française, à participer à l’invasion de l’Allemagne. Cette action militaire, même si elle reste limitée par rapport à l’effort de guerre fourni par les États-Unis et l’URSS permettra à la France de figurer parmi les pays qui obtiendront la capitulation de l’Allemagne.

Il reste désormais à reconstruire l’État républicain et à rétablir l’ordre. Les premières élections législatives auront lieu en octobre 1945.

Glossaire:

FFI :


Forces Françaises de l’Intérieur, qui regroupent en théorie les mouvements armés de la résistance.